‹ L'oiseau mécanique; piece en quatre actesChapitre 11 sur 89 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Brander.

Votre concubine.

Paul.

Ma maîtresse, il n'y a personne ici avec moi. Je vis seul !

Brander.

Ne mentez pas, vous habitez avec une femme, je le sais.

Paul.

Je vous jure que non, père! Sur mon âme! Quel est le sinistre individu qui vous a raconté cette histoire-là. {Indigné.) Moi une maîtresse!

Brander.

Au nom du ciel, ne mentez pas ainsi! Ça ne vaut pas la peine! Je sais tout, c'est votre ami Pierre qui vous a trahi.

Paul.

Pierre m'a trahi l

Brander.

Involontairement bien entendu! C'était hier chez les Van Dacl. Ton ami Pierre, au lieu de

moisir comme toi dans un grenier, se pousse doucement dans le monde, bien que ses parents ne soient rien à côté de nous comme situation et comme état de fortune,

Paul (avec humeur).

Eh! en quoi voulez-vous que cela m'intéresse. Pierre va dans le monde pour faire plaisir à son papa et à sa maman, mais non par goût. Les parents ont toujours la rage de vous faire faire ce que vous n'aimez pas. C'est en réalité, un garçon modeste et doux, n'ayant d'autre ambition que celle de se dévouer corps et âme à la sainte cause du beau. Il méprise les biens de ce monde.

Page 1