‹ L'oiseau mécanique; piece en quatre actesChapitre 22 sur 89 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

d'oiseaux. J'apparais là dedans comme une fée. Les gosses tendent leurs menottes, sous sa coiffe, en véritables dentelles, la vieille bonne maman me sourit; Anne, c'est la nourrice, accourt.

Paul.

Oui, ce sont de bonnes gens, des paysans typiques de la Campine.

Rosette.

Et très naïfs! La femme me pose quelquefois des questions tordantes : Comment est-ce possible, Madame, que vous ayie:^ la taille si fine, après avoir eu U7i bébé? Ou bien : Madame est heureuse sans doute d'habiter la ville si bien éclairée le soir ?

Pierre.

C'est curieux! Ainsi elle te pose des questions de ce genre?

Rosette.

Bien vrai! Je lui ai môme répondu un jour : Oh! je serais plus heureuse, si j'habitais comme vous sous un humble toit, tout près des splendeurs de la nature. Elle m'a regardée ahurie.

Au fond je crois que les paysans ne la connaissent pas, la nature...

ViNCK.

Si, si, ils la connaissent, mais sans phrases ?

Paul.

Et mioche? Tu ne dis rien de mioche? Que fait mioche?

Rosette.

Il est heureux, gras et bien portant, le cher petit être ! Quand il me voit il tend ses bras mignons et crie : « Maman! maman! »

Pierre.

Ça te fait quelque chose, dis, Rosette? Tcai âme est émue ?

Rosette.

Comment donc, mon cher ! Pense un peu : le cœur d'une mère ! La tigresse a les entrailles remuées quand son petit miaule.

ViNCK.

Il paraît que l'on exagère un peu quand on

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