DEUXIEME ACTE
Même décor. — On est un matin d'automne.
Au lever du rideau. Jack est installé devant un chevalet supporta7it une toile dépowvue de tout croquis. Il fume une grosse pipe, l'air préoccupé. Rosette, vêtue de son kimono japonais et assise dans un coin, épluche des légumes en lisant un 7'oman.
Jack {se levant soudaiîi).
Ah ! zut! Il n'y a pas moyen de travailler, le diable s'en mêle !
Rosette.
Ça continue donc toujours à ne pas marcher, Jack? Qu'y a-t-il encore^
Jack.
Ce qu'il y a? C'est cette tichue saison! Je prétends que l'automne est une infecte saison pour faire de la peinture. On aperçoit un beau coin, on s'installe et, crac! voilà que la lumière change.
Rosette.
En été, tu disais que l'automne était la saison idéale.
8o l'oiseau mécanique
Jack.
Mais, oui. Mais j'entendais l'automne à Venise, par exemple! Pas celui de notre ignoble climat! Ah! si j'étais en Italie!
Rosette.
L'Italie! oui, l'Italie!
Ici, il n'y a rien à faire, surtout dans une boîte comme celle-ci. On voit les choses de trop haut et à travers les vitres les tons changent abominablement.
Rosette.
Mais il me semble... des peintres réputés ont habité cette maison.
Jack.
Des crétins! Les teintes sont si fausses qu'elles blessent ma sensibilité visuelle.
Rosette.
Si tu t'installais au balcon?