acte deuxième
Paul.
A midi, avec la marée. Francis passera par ici avant de s'embarquer. Et vous, Madame Wilders, vous prendrez bien un verre avec nous? Plus il y aura de monde, plus cela lui fera plaisir.
Mme Wilders.
En effet. Monsieur Paul, ceux qui partent aiment ça. {Elle rega7-de dehors.) Q.uand je pense au mien.
Paul.
Eh bien, qu'avez- vous, vous semblez émue?
Mme Wilders.
C'est malgré moi, vous comprenez que cela me rappelle, cet autre départ, l'histoire de là-bas.
{Elle montre an loin vers le fleuve.) Paul.
Oui, oui, je me souviens, mais n'en parlez pas devant Francis, Madame Wilders; vous pourriez l'effrayer.
Je m'en garderai bien! D'ailkairs ce n'est pas
la même chose. Wilders était un vieil homme, un vieux batelier, naviguant sur une vieille péniche. C'étaient quelques mauvaises planches et un bout de mât ; ça ne se compare pas au bateau neuf et solide, qui emportera M.Francis.
Paul.
Q ui l'emportera, oui, comme un grand oiseau, oui, oui, qui l'emportera.
Rosette.
On monte, le voilà! {Elle court à la porte, Fi'ancis ejitre en uniforme de cadet.)
Francis.
Me voici. Mon frère. Mes amis, tous!
Paul {ému).
Mon petit Francis.
Rosette.
Que tu es beau ! Tout à fait un officier de marine. Tu sais un officier français.
Paul.
Un officier anglais plutôt, c'est plus chic. Mais qu'on fasse sauter les bouchons.