ACTE DEUXIEME l i i
chambre, le père Nandou se met au balcon et observe le ciel.)
Pierre.
Ainsi, mes amis, chacun entreprend quelque chose et se choisit une carrière. Le petit Francis nous donne un bel exemple de décision. Nous autres, nous avons tous perdu du temps à tâtonner.
Jack.
On ne perd jamais du temps à tâtonner. Qui tâtonne cherche et qui cherche trouve.
ViNCK.
Il y en a qui cherchent jusqu'à la tin de leur vie et qui font inconsciemment tout leur possible pour ne rien trouver.
Pierre.
Je crois que le moment est venu d'agir. L'hiver approche. C'est la saison du travail et de la production.
Paul {qui regarde le fleuve).
Déjà c'est un lait accompli, quelque chose qui entre dans le passé. La foule se disperse et les gens rentrent chez eux.
Jack.
Oui, l'hiver! l'hiver! C'est la saison des longues soirées laborieuses, le temps des dessins patiemment achevés sous l'éclat d'une lampe douce. Seulement, il faut une lampe douce...
Rosette.
On s'en procurera une, Jack, une bonne lampe.
Jack.
C'est nécessaire ! Car il faut absolument que nous sortions de l'obscurité. Je suis las d'attendre. {Avec enthousiasme.) En hiver, en hiver ! oui, en hiver nous travaillerons.
Paul {revenant parmi eux).
Oh! oui, le travail! le travail ! Abattre de la besogne comme un Balzac.
{Le père Nandou sort du balcon et quitte la chambre sans regarder personne.)
Nandou.
Le volant ronfle, les hélices tournent, les ailes frémissent, mais il ne quittera point le sol encore. Les ailes frémissent...