‹ L'oiseau mécanique; piece en quatre actesChapitre 57 sur 89 · acte troisieme · texte numérisé non relu

acte troisieme

Paul.

Mais...

Rosette.

Ta mère aurait pu lui acheter des chemises toutes faites.

Paul.

Il me semble...

Rosette.

Pour ce que ça coûte.

Paul.

Peste! Tu n'es pas reconnaissante quand on te fait des cadeaux.

Rosette.

Reconnaissante? Pourquoi? N'est-ce pas ton enfant aussi bien que le mien? D'ailleurs, ils ne ressemblent à rien, des cadeaux pareils! Comment veux-tu que je fasse toutes ces choses-là? Je n'ai pas de machine à coudre. Ah ! si j'avais une machine à coudre!

Paul.

On fait venir une couturière.

Rosette.

Pendant huit jours, à deux francs la journée, sans compter la nourriture! Et voilà ce que tu appelles des cadeaux. Pour cent sous, on achète une demi-douzaine de chemises de gosse partout. Je garde cette flanelle pour moi.

Paul.

Oh! Rosette!

Rosette.

Eh bien! eh bien! Et moi, je ne souffre pas du froid quand je me lève le matin pour préparer ton café? Il y a bien un an que j 'ai envie^ d'un peignoir rouge.

Jack,

Le fait est que cette couleur lui sied à ravir. Je ferai son portrait quand elle l'aura. Un pastel, il y a un pastel épatant à faire !

Rosette.

Oui, ainsi drapée, peut-être? Une Espagnole, dis Ollé! ollé ! J'ai connu une Espagnole, une fille ardente, un tempérament à démolir tout un escadron, toute une esquadrille de toréadors... {Elle danse un vague fandango .)

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