ACTE TROISIÈME
à principes, maman. Elle s'est indignée. Il paraît que le gosse avait une chemise déchirée.
Rosette.
La belle affaire, à la campagne, personne ne le voit.
C'est égal, elle en fait toute une histoire. Puis en hiver ! Elle eût voulu le voir emmitouflé chaudement dans de la flanelle.
Rosette.
Pourquoi pas dans de l'ouate? Elle n'y connaît rien, ta mère. De la fianelle! C'est antihygiénique. Il faut élever les enfants à la dure, à la Spartiate, cela les forme aux futurs combats de la vie.
Jack.
Elle a raison, Paul ; l'enfant de la nature, voilà l'idéal.
Paul.
Je suppose que ma mère sait bien ce que c'est qu'un enfant? Elle nous a élevés, moi et Francis.
Rosette.
Toi?
126 L'OISEAU MÉCANIQ^UE
Jack.
Eh bien ! ça se voit. Tu es trop mou. Tu portes des caleçons et toute une collection de camisoles.
Paul {pnvi^ant le paquet).
Enfin, elle a acheté tout ceci pour en faire un petit trousseau ; c'est de la toile et de la flanelle. Il y en a bien vingt mètres.
Rosette {riant).
Ah ! ah ! de la flanelle rouge, ce sera un achat d'occasion. Elle est très pratique, ta maman.
Paul.
Qu'importe ! Cette flanelle est épaisse et souple. Tu pourras en faire de petites chemises de nuit. C'est qu'il aurait chaud là-dedans, le bambin ! Chaud! chaud!
Rosette {après avoir déroulé et jeté le morceau d'étoffe sur son épaule ejt guise de mantille).
Hein! de quoi ai-je l'air? D'une Espagnole? On en ferait un peignoir épatant, un peignoir écarlate. {Elle esquisse un pas de danse.)