ACTE QUATRIÈME
Même déco7\ On est au début du printemps, la porte du balcon est entr ouverte. On voit, dans un coin de la chambre, une presse à bras encombrée de vêtements, de livres, etc. Rosette, en peignoir rouge, pose devant Jack qui dessine son portrait au pastel. Paul est étendu sur le divan les yeux fermés ; il a l'air fatigué et porte des vêtements de deuil.
Jack.
Oh! oh! ce rouge! Il est étonnant ce rouge, je ne parviens pas à l'attraper.
Rosette.
N'est-ce pas du rouge ordinaire?
Jack {sursautant comme s'il entendait une fausse note).
Peut-on dire! Ce n'est pas du rouge, c'est quelque chose comme du cuir et du sang de bœuf. (// se 7~ecule un peu, élève sa pipe à hauteur des yeux et contemple son travail la tête fort penchée en arrière, les yeux mi-clos.) Ah! je crois que j'y suis!
l54 l'oiseau mécaniq.ue
Rosette.
Dessineras-tu les mains aussi?
Jack.
Oui. n'est-ce pas bien?
Rosette.
Certes. Je le demandais pour savoir comment les poser. Ne tiendrai s-je point un objet quelconque? Un livre peut-être?
Jack.
Je n'y vois pas d'inconvénient.
Rosette.
Ne pourrais-tu pas en indiquer le titre? On choisirait un livre épatant. Par exemple : Le Lys da?is la Vallée, de notre vieil Honoré, ou mieux encore : Aîina Karé7iine^ de Tolstoï.
Jack.
'Si tu y tiens, il y aurait moyen, bien que ce soit ennuyant des lettres dans un dessin (Après un petit temps.) Il est vrai que les gothiques s'en tiraient parfaitement. Enfin j'essayerai.