‹ L'oiseau mécanique; piece en quatre actesChapitre 70 sur 89 · ACTE QUATRIÈME i · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME i

Rosette.

C'est que ça couperait le sifflet à un tas de gens de voir une femme, une petite femme, avec un volume de Tolstoï en main.

Paul (ouvrant les yeux, maussade).

Tu ferais mieux, Rosette, de t'habiller et de partir. Ces titres de livres « qu'il faut lire » n'ajouteront rien à ta beauté.

Rosette.

Partir? Je ne pars pas; je ne suis pas très bien portante; j'ai prié M^^e Wilders d'aller voir le petit à ma place.

Paul.

Et s'il était gravement malade? D'après la lettre de la nourrice, c'est sérieux : une bronchite.

Rosette.

Tais-toi ! Ce ne sera qu'un léger refroidissement. Ça s'attrape comme un rien quand on est gosse.

Paul.

Te voilà bien tranquille.

l56 L'OISEAU MÉCANIQUE

Rosette.

Ah! Mais tu es agaçant à la fin. S'il fallait courrir chaque fois pour le moindre coryza, on n'aurait aucun repos.

Je croyais ton cœur de mère plus sensible.

Rosette.

Tu es ridicule. D'ailleurs M^e Wilders viendra bien nous dire ce qui en est. S'il le faut, il sera toujours temps d'y aller. Pourquoi n'y vas-tu pas toi-même?

Paul.

J'ai des leçons à donner cette après-midi, tu le sais bien.

Rosette.

Enfin, la prochaine fois qu'il nous arrivera encore une semblable nouvelle, je me traînerai jusque là n'importe comment, même à moitié morte, ainsi tu n'auras plus de reproches à me faire.

{Paul ne t'épond pas. Il l'este immobile, l'ait' triste et préoccupé .)

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