‹ L'oiseau mécanique; piece en quatre actesChapitre 74 sur 89 · ACTE QUATRIÈME l · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME l

ViNCK.

On l'aime toujours trop tard, à l'heure qu'elle va nous échapper. N'apprit-on plus rien de lui?

Paul.

Non rien. On sait que V Icare a sombré soudain, pendant un temps calme. Il a dû se jeter sur un écueil ignoré. Quelques hommes seulement ont pu se sauver dans un canot. Les autres se sont novés, et Francis a partagé leur triste sort.

VlNCK.

Nous disions : tout est prévu, que faut-il craindre ?

On le dit toujours. Et qui ne l'eût dit en voyant mon pauvre frère à son départ. Il était beau, il était fort, il était intelligent ; il semblait être un de ceux qui doivent vaincre toujours et partout. Tout est prévu! Mais ce que l'on ne prévoit pas, c'est l'accident inattendu et stupide qui anéantit tout : les meilleures et les plus belles combinaisons comme les plus misérables.

164 L'OISEAU IVIÉCANIQUE

ViNCK.

Nous ne sommes que les jouets d'une force inconnue, et ce qu'il y a d'affreux, c'est que cette force est peut-être aveugle.

Paul.

Oui, elle ne voit pas. Sais-tu que nous avons décidé d'élever un monument à sa mémoire.

ViNCK.

Un monument?

Paul.

Oui, au cimetière, Jack doit faire les dessins et même l'ébauche, mon père fournira les fonds.

ViNCK (à Jack).

Comment, tu fais du modelage à présent? Peut-on voir cette ébauche?

Jack.

Ça ne vaut pas la peine. J'ai peur qu'elle ne se crevasse en enlevant les linges. Puis la forme est encore très vague.

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