ACTE (QUATRIÈME
dessus clair à grands carreaux, plaid écossais, bottines américaines, et il porte une valise élégante en cuir jaune. Il n'a plus rien du poète d'antan, ses cheveux sont taillés couj'ts, son mejiton est orné d'une jolie barbe blonde.)
Paul.
Pierre! C'est le jour des ressuscites aujourd'hui! Je désespérais de te voir encore.
Pierre (saluant tout le monde).
Bonjour! Ah! mon cher, ne m'en parle pas. Je mène depuis tout un temps une vie impossible. Jamais une minute.
Pall.
En effet, des bruits sinistres circulent sur ton compte.
Pierre.
Q i els bruits?
Paul.
On dit que tu vas épouser une fille des Van Dael. Une héritière! Dis, pour un ascète comme toi, ce serait un peu raide.
l68 L'OISEAU MÉCANIQUE
Pierre.
Ce sont des racontars! Rien n'est certain encore. La vérité, c'est que je suis attaché depuis hier à la personne du comte de H orme comme secrétaire intime.
Paul.
Oh! oh! félicitations! Et... est-ce qu'il paie bien, ce gentilhomme?
Pierre.
Assez bien. Il m'emmène en Italie où il compte séjourner six mois pour étudier les grands maîtres de la Renaissance sur le vif. Nous partons ce soir.
Jack.
Moi, ça me dégoûte, un homme riche qui s'occupe de peinture. Je ne vois un homme riche qu'en automobile ou derrière le tutu d'une danseuse.
Pierre.
Des préjugés! Il y a des gens du monde d'une culture extraordinaire. Le comte de Horme a écrit plusieurs in-folios sur l'histoire de la peinture.