ACTE QUATRIEME i
point reconnu? Vous le direz, et ceux qui furent mes amis, mes frères, le diront aussi et ils seront dans la tristesse. Mais moi j'en rirai et il sera trop tard, car les étoiles ne seront que poussière à mes pieds. Ah ! ah 1 Voilà quel homme je suis!
Paul.
Il divague. Ses études ont dérangé sa cervelle... Où est-elle cette machine merveilleuse?
Nandou.
Vous doutez? Pourquoi vouloir voir, puisque vous êtes aveugles quand même. Aveugles! Aveugles! Je veux assembler la foule d'abord. Tenez, regardez mes calculs, mes plans. Tout est prévu. {Il jette la sacoche aux pieds de Paul.) Regardez! regardez! et vous ne douterez plus.
Paul.
Peut-on l'ouvrir? Peut-on voir ?
Nandou.
Il faut l'ouvrir! Et vous comprendrez tout : le mécanisme, les dispositions ingénieuses. Ouvrez, voici l'heure. Les ailes frémissent.
l86 L'OISEAU MÉCANIQUE
Jack {sa7is quitter le divan).
Ouvre-la. Pourquoi hésites-tu?
Paul.
Je ne sais pas. Cette sacoche est si vieille.
Nandou.
Elle contient toute ma jeune gloire qui va naître enfin après de longues années d'attente! Elle contient le meilleur de mon cerveau fécond comme la terre de Flandre, de ma chair, de mon cœur! Ouvrez-la, car son heure est venue.
Paul.
Elle est bien légère ?
Nandou.
La croyez-vous semblable à la stupide autruche? Cet oiseau trop lourd aux ailes atrophiées? En le voyant passer, d'effroi les hirondelles tomberont des nues. Les ailes frémissent.
Jack.
Mais ouvre donc cette sacoche du diable! On dirait que tu as peur. Ouvre-la.