LE LYS NOIR
Parmi les tombeaux froids et blêmes.
L'œil alangui d'adieux suprêmes, S'exhale et tourbillonne en l'air.
Douloureuse et vague fumée Du sépulcre bumide exhumée, Le spectre imploré qui m'est cher.
Sous le bleuâtre clair de lune, Laissant couler dans la nuit brune Ses larges pleurs en rayon clair, La morte, funèbre endormie, M'a dit de sa lèvre blémie Oh perlait aux deux coins un ver :
■ Une légende ardente et sombre Veut que des sépulcres pleins d*ombre.
Où gisent les défunts amours,
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Des Heurs sanglantes et vermeilles Jaillissent à minuit, pareilles Au rouge espoir des anciens jours.
c Que viens-tu chercher sur ma tombe ?
La larme du regret qui tombe Lentement de ton œil tari M'éveille et m'obsède, et je songe Qu'à la place où le ver me ronge Un amour coupable a fleuri.
< Tes baisers savants m'ont damnée, Et de chauds désirs profanée Ta chair a consumé ma chair.
poète ! fils d'Aphrodite I Prêtre d'Eros, tu m'as maudite Et je suis dame de l'Enfer.
« Sous ton baiser d'abîme avide Mon cœur est mort, la tombe est vide, Et la fleur n'y croîtra jamais.
Dans la Géhenne ensevelie, J'expie i jamais ma folie Et tes volontés que j'aimais. .
■^.•MaM.
32 l'ombre ardbkte
c Mes hanches, le soufre les haîgne.
Clarté maudite. Mon front saigne, Sous tes étreintes entr'ouvert, Et dans Téternel crépuscule Chacun de les baisers me hrCi\e Devenu pour ma peine un ver.
c Adieu I > Disparaissante opale, La morte a dit. Dans le ciel pÂle, L'aube se levait lentement.
Depuis sur la tombe entr'ouverlc J'attends, la face au ciel offerte, L'heure exquise du châtiment.