‹ L'ombre ardente: poésiesChapitre 21 sur 82 · JOURS DE FÊTE · texte numérisé non relu

JOURS DE FÊTE

A une morte,-

Pour votre pauvre cœur qu'on froisse En lui rappelant Je passé.

Un bouquet calmant et glacé De lys tigrés d'or et d'angoisse,

Des anémones, des canna, Des grands feuillages verts et sombres^ Qui versent l'oubli dans leurs ombres A la place où la cbair saigna,

Et si la peine qu'elle endure Peut aux caresses s'apaiser, Pencbczle front sur leur verdure..., L'absent y vit dans un baiser.

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A une autre morte,

Des cyprès et des tubéreuses, Des lys aux pâleurs de linceul, Senteurs lourdes et douloureuses, Fleurs de banni morose et seul ;

Mon triste cœur n'en veut pas d'autre, Épris qu'il est du rêve amer Où son lent désespoir se vautre Morne et profond comme la mer.

Je n'irai donc pas a la fête Porter mes .risles fleurs de deuil, Mes fleurs maudites de poète Kebuté chaque jour au seuil

Et restant debout a la porte, Prêtre exilé du Paradis, J'évoquerai dans ma foi morte Les fêtes en fleurs de jadis.

L^OMBRE ARDENTE i5

A une vivante.

Quant il toî, maîtresse exécrable, Toi qui m'as fait ce que je suis, Un homme infâme et misérable, Pourvu de vices et de nuits,

Une gerbe en fleurs de ciguë, De jusquiasme et de poison A la feuille acérée, aiguë Comme ta froide trahison...,

Un bouquet, où *<es dents de louve Usent enfin leur dur émail.

Leur dur email où je retrouve Tout mon sang perlant en corail.

£t quand enfin gonflée, hideuse, Tu râleras, les seins pendants, Verte, la gerbe monstrueuse Et vengeresse encore aux dents,

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4C L*OMBBE ARDENTE

Alors sur ta chair trépassée, Exempte enfin de tout soupçon, Les dents sur ta bouche glacée, Je reboirai tout le poison.

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