‹ L'ombre ardente: poésiesChapitre 27 sur 82 · LA DESTINÉE · texte numérisé non relu

LA DESTINÉE

Pour Gustave Moreau,

C'était au pied creusé d'une haute falaise De bloc paie, où saignaient, lavés par l'eau de mer, Des longs coraux de pourpre et des^ roses de chair. ' A l'horizon sinistre ardait un ciel de braise.

Apre lieu. Pas un cri, pas un oiseau dans l'air ; Un éternel couchant au loin sur le flot rouge Et sur le sable, au pied du roc où rien ne bouge, Les roses de sel gemme et de corail amer.

Portant entre ses bras une tète coupée,

Une forme bleuâtre et d'ombre enveloppée

Surgit, flotte et m'aborde auprès des flots sanglants.

Morne offrande, elle pose entre mes doigts treniblants

La tète humide encor du baiser de l'épée.

Et c'est moi que je trouve au fond de ses yeux blancs»

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L'OMBRE BLEUE

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