‹ L'ombre ardente: poésiesChapitre 36 sur 82 · LES ELFES · texte numérisé non relu

LES ELFES

C'est au fond des bois de Norwège Et de Thuringe, que Schiller Fait valser les elfes de neige Au bord des sources au flot clair.

Les nuits d'Avril, où l'ombre est douce Et toute pleine de clartés, Leurs pieds nus argentent la mousse Au fond des sentiers écartés.

Le vieux giUne hésite et tremble, En passant au coup de minuit Sous le feuillage ému du tremble, Où la source miroite et luit.

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La nuit, sous la lune sereine, 11 sait, le gai coui*eur de bois, Qu'il faut éviter la fontaine, Où l'on entend rire des voix.

Les ténèbres sont provocantes.

Le souffle ardent des temps anciens Emplit de nocturnes bacchantes Les bois redevenus païens.

Des rires sonnent, des bruits d'ailes Vibrent et, dans l'ombre entrevus, Des fronts couronnés d*asphodèIes Tournoient vaguement éperdus.

Des rires aigus, des huées Éclatent le long des talus.

Entre les feuilles remuées On voit fuir des râbles velus.

L'antique Évohé des Ménades Retentit au creux des ravins.

Les elfes blancs sont des dryades, Les elfes noirs sont des sylvains,

Ces seins tremblants, ces yeux humides Valsant au fond d'une lueur, Sont des dieux poilus et splendides Daisant des nymphes en sueur.

Dryades aux grands yeux sauvages, Sylvains couronnés de roseaux, Dans Tombre errante des feuillages Tournoient en chantant sur les eaux ;

Et c'est le joyeux chœur antique Des nymphes et des œgipans Qui valse, étrange et fantastique, Sous les clairs de lune allemands.

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