‹ L'ombre ardente: poésiesChapitre 4 sur 82 · L'ENFANT NOIR · texte numérisé non relu

L'ENFANT NOIR

Pour Gustave Flaubert,

J^étais perdu, j*errais au désert Libjxn.

Une lune stagnante allumait l'or du sable.

L'Espnt de la Luxure, au pied reconnaissable, 3I'apparut, jeune et beau comme un dieu nubien.

Svelte et nu, sa peau noire avait l'éclat du bronze. Son œil glauque et verdûtre appuyé sur le mien Souriait, et très jeune, il semblait très ancien. Sous la lune immobile et calme comme un bonze.

« J'ai connu Magdeleine et Martbe en Galilée,

Je saigne dans Pétrone et ris dans Apulée,

Je suis le souffle ardent des lointains siècles d'or.

Je flotte~dans les plis des robes et des chapes, •Je dîne au lit des rois et soupe chez les papes, Et je vis dans ton cœur et dans d'autres encor. »

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