‹ L'ombre ardente: poésiesChapitre 51 sur 82 · BOHEME IDYLLE · texte numérisé non relu

BOHEME IDYLLE

. A Jean Richepin,

Au ^neux rebord de la muraille/ Où croissent les œillets poivrés, Les bras sur sa cruche de grès, Thyrra s'est assise et me raille.

c le grand nigaud gui travaille^ Au lieu tle courir par les prés, i M*a dit la fille aux yeux dorés, La fille aux cheveux couleur paille.

c Les gars aimants et vigoureux Sont les bandits au ventre creux. > Et, charinante et dépoitraillée,

Me montrant le nu de sa peau,

Thyrra, rose sous la feuillée,

M'a lancé dans Fombrc un couteau.

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NENUPHAUS

Pour Théophile Gautier.

Sous leurs feuilles glauques et lisses.

Les blancs nénuphars allemands Bercent au fond de leurs calices Des contes païens et charmants.

Le groupe enlacé des naïades, Sous le fleuve entraînant Hylas, Y chante & travers les ballades, * Divin écho de TEurotas.

L'urne Cretoise au flanc sonore, Que Teau claire emplit d'un sanglot.

Sous son poids fait sombrer encore Les lotus nageant sur le flot.

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L*OMBUE BLEUE

HaÎ8, hélas! par ]e temps flétries, Leurs chairs ont pris des tons pÂlis.

Mille ans d'amour les ont meurtries.

Les nymphes mortes sont Willis.

Les yeux éteints, la bouche ouverte, Leurs bras nus sous leur cou ployés, Leur groupe apparaît sous Peau verte Comme une ronde de noyés.

C'est un chœur de mauvais génies^ D'ombre et de suicidés blafards Qui dans un spasme d'agonies Valse au-dessus iles nénuphars;

Et tout un monde fantastique, Gnomes et feux follets troublants, brouille et chuâte, où la fable antique Eût. mis des dieux de marbres blancs.

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