HYMNE DU SOIR
Pour Paul de Saint-Victor
Diane, 6 pâle chasseresse.
Le soir, k l'heure où tout s'endort, ' Que fais-tu, rêveuse déesse, Les bras croisés sur ton arc d'or ?
Le soir, au clair miroir des sources, Oîi tes nymphes, les bras sanglants, Mènent baigner, après leurs courses, Tes meutes de lévriers blancs.
Que fais-tu de ton cor d'ivoire, Déesse, et de ton bleu carquois, A l'heure où les lions vont boire, Aux étangs sacrés dans les bois?
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L OMBRE BLEXJE
L'heure est charmante et solennelle.
Une odeur de fauve est dans l'air, Le tigre rôde et sa prunelle Uei dans Teau noire un pâle éclair...
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Sa voix M traîne rauque et lente...
Tous les instincts des antres sourds • Sont là, rampant dans l'ombre ardente, Où craquent des pas de velours.
4)es biches râlent égorgées bans l'ombre, et, sous les nénuphars, On voit boire à lentes gorgées Des loups avec des léopards. .
Et toi, les bras croisas, farouche.
Tu souris au creux du ravin, Déesse, et les coins de ta bouche S'ouvreni, pleins d*un mépris divin.
Les yeux fixés sur tes~^molosses, Tu songes aux chiens d'Actéon,.
Dépeçant sous leurs crocs féroces Un cadavre informe et sans nom.
Sous tes paupières abaissées Des jcorps meurtris d'adolescents, Les mains de flèches transpercées, Montent dans un flot bleu d'encens :
Cest Callisto, vivante encore.
Livrée aux fureurs d'Adonis, Cépbale expirant à Taurore Sur le corps neigeux de Procris ;
Vans un cirque ouvert de collines Les héros, fils de Niobés, Sous un ciel noir de javelines Mourant comme des dieux lombes;
La peste noire aux murs de Thèbes, Œdipe -errant dans la rougeur Des soirs et la mort des éphèbes hous les traits d*Apollon vengeur.
Non, toâi rêve est plus loin encore.
11 estlà'Jsas, dans les hauteurs, Sur le plateau calme et sonore, Où sont les te. tes des pasteurs.
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L OMBRE BLEUS
Comme un aîgie errant sur les cimes, Ta pensée au sommet connu Voltige aurdessus des abtmes Et caresse un beau pâtre nu.
Diane aime un gardeur de chèvres; Un pâtre-roi du Pélion Te retient, déesse, à ses lèvres Et ton rêve est Endymion.