‹ L'ombre ardente: poésiesChapitre 53 sur 82 · LE CYGNE · texte numérisé non relu

LE CYGNE

A Madame Judith Gautier.

Le cygne est divin, son bec rose Cache un baiser de Jupiter.

L'Amour fit la métamorphose»

La source a subjugué l'éclair.

Sur Teau transparente et moirée, Qu'il fend de son corps radieux, Léda, de terreur enivrée, ^ Se livre, obéissante aux dieux.

Son bec est sur sa gorge nue ; Son col, entre ses bras rampant, Comme un baiser qui s*insinue, A des souplesses de serpent.

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X'OMBRK BLEUE 155

Le fantôme ébloui d'Hélène, Que vient d'engendrer sur les flots Le «ouflle ardent de leur haleine, Effleure en planant leurs yeu^iclos;

Et, d*Argus voilant la prunelle, Le bois sacré sur leur rougeur Répand son ombre solennelle Et l'ombre du bois sa fraîcheur.

Sur les amours du cygne antique La source a coulé trois mille ans, Usant la marche du portique OCi Léda baignait ses pieds blancs;

Et depuis trois mille ans sans ride, / Dans le miroir du flot glacé, Le beau corps de la Tyndaride Resplendit, au cygne enlacé.

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L OMBBE ARDEKTE

LUNAIRES

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