MELUSINE
Les bras nus cerclés d'or et froissant le brocart De sa robe argentée aux taillis d'aubépines, Mélusine apparaît entre les herbes fines, Les cheveux révoltés, saignante et Tœirhagard.
La splendeur de sa gorge éblouit le regard Et rémail de ses dents a des clartés divines ; Mais Mélusine est folle et fait dans les ra^ines Pattre au pied des sapins la biche et le brocart.
Depuis cent ans qu'elle erre au pied des arbres fées. Elle est fée elle-même; un charme étrange et doux La fait suivre a minuit des renards et des loups.
Ses yeux au ciel nocturne enchantent les hiboux, Et près d'elle, érigeant ses fleurs en clairs trophées, Jaillit un glaïeul rose à feuillage de houx.
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YSEULTE
Parmi les trèfles d'or et les roses dVmail, Peinte avec des yeux verts et des cheveux de cui\Te Sur un ciel d*ocrepâle, Yseulte clôt le livre, Dont six noms de princesse ornent l'épais fermail.
Sa bouche» où le sang frais luit et perle en corail, Dit et son fauve amour et son ardeur de vivre. L'œil sombre, où flotte un rêve impossible à poursuivre, Â le regard voyant des saintes de vitrail.
Aux mornes dévouements, comme aux crimes hardie,
Elle est r.instinct aveugle, elle est la perfidie.
Sa haine est un breuvage au sang des dieux pareil.
On sent qu'un rouge amour la brûle et l'incendie, Et, fleur de feu comme elle, auprès de son orteil, Flambe et s'épanouit un jaune et clair soleil.
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