RÉSURRECTION
Seul, aux heures crépusculaires, Cœur épris des temps légendaires, Je vais rôder auprès des flots.
Là, devant l'espace sans borne.
Au pied de la falaise morne, J'évoque au bruit de mes sanglots
L'essaim blond des Voluptés moiles, Jadis enivrantes et fortes, Lys aussitôt fanés qu'éclos.
Pareilles à de mauvais anges, Les Voluptés, filles étranges.
Surgissent, lentes visions.
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L'OUfiBE ARDEKTE
La lèvre pâle et les yeux fixes,
Yeux profonds et troublants de nixes,
Le dos moiré de froids rayons.
L*essaim des Voluptés se dresse, Versant dans leur morne caresse L'âpre vin des Tentations.
Le reflet du passé les baigne
Et sur leur flanc troué, qui saigne,
Je reconnais mon sang vermeil : .
Le sang des jeunes espérances.
Que depuis vingt ans de souffrances N'a pas étanché leur sommeil,
Sang bleu des gloires éclipsées.
Sang rouge des amours brisées, Au sang des mutilés pareil.
Tant qu'une lueur d'incendie Brûle au large, l'ombre hardie Des voluptés, troupeau vainqueur,
l'ombre ardente II
Me torturant au bord du gouffre, Saigne avec mon sang, pleure et souffre Avec les larmes de mon cœur.
Mais la calme lune immortelle, Au ciel plus clair apparaît-elle, Le groupe implacable et moqueur
Blêmit au bord des lames creuses, S^enfonce, et les mains douloureuses Se dissolvent en battant Tair;
Et, sous la lune éblouissante. Le froiil de Tombre bleuissante Pénétrant mon Âme et ma chair,
! Je ramène au cher et vieux gîte,
Mère, où ton cœur aimant s'agite, Un fils plus triste et moins amer.
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12 l'ombre ardekte
RECURRENCE
Enchanteurs et sorciers, Mantegna, Léonard !
Des sourires de femme apparus dans les Louvre Plus d'un porte une plaie au flanc, qui pleure et s*ouvre Et lui fait un front bléoàe et le geste hagard.
Ce bleu sombre et profond du ciel dans le regard, Ces lèvres de Vinci férocement royales, Ces cheveux roux nimbés de perles et d'opales Ont fait de ma jeunesse une souffrance d'art.
Désormais obsédé des grâces captivantes
Des Mortes, insensible aux charmes des vivantes,
Mon cœur au seul Passé veut trouver des attraits ;
Et, comme un envoûté des gothiques magies, En proie aux vains regrets des vaines nostalgies, Je suis un triste et fol amant d*anciens portraits.