‹ L'ombre ardente: poésiesChapitre 78 sur 82 · EROS · texte numérisé non relu

EROS

Debout dans la clarté fulgurante des cimes, Le fier chasseur Eros, le meurtrier des cœurs, Resplendit, flamme pure, au-dessus des abimes Et lance autour de lui ses traits sûrs et vainqueurs.

Le trait sonne à travers l'immensité sublime Et, sous réclat du Ciel implacable et moqueur. Une goutte de sang, rouge étoile du crime.

Tombe aux pieds nus d'Eros, large comme une fleur.

L'archer cruel sourit. Avec lenteur, farouche, Il retend son grand arc et les coins de sa bouche S'ouvrent pleins^e mépris. La flèche siffle encor

Et le soleil se couche et Taurore immortelle Se lève, Eros. est là dans la gloire éternelle, Sous les gouttes de sang, parmi les flèches d'or.

SELEKE

Debout dans la splendeur des blanches nuits d'hiver, La blonde Sélené sans tuniques et sans voiles Préside au chœur noeturne et rêveur des étoiles Menant la danse ailée au fond du ciel ouvert.

Un fin croissant d'argent dans ses cheveux d'or clair, Elle agite en riant entre ses bras d*opales Un grand arc en ébène ; et les nuits sidérales, Sont les reflets tremblants et nacrés de sa chair.

Les traits de âon carquois sont les rayons lunaires,

Pères des visions, des fables légendaires

Qui dansent dans la brume en se donnant la main

Et, debout dans la nue, elle sourit en rêve

Au pâtre sur les monts, au pêcheur sur la grève.

Et blanchit doucement les arbres du chemin.

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