‹ L'ombre dans le miroir: poèmesChapitre 4 sur 73 · LES ARBRES · texte numérisé non relu

LES ARBRES

Vois les arbres penches avec melancolie :

Leur ombre protegea tes anciennes amours,

Et de tous les bonheurs que ta memoire oublie, Nul n’y vit s’ecouler pourtant de plus beaux jours.

Combien le souvenir a leurs secrets te lie ! . . .

Et si les ans vainqueurs rendent tes pas plus lourds, Si repose pres d’eux ta joie ensevelie,

Confidents de ta peine, ils demeurent toujours.

Ne t’en va pas. Demain, leurs feuilles delaissees S’envoleront au loin par 1’automne chassees . . .

Us resteront sans seve en de nouveaux printemps,

Et, dans de longs adieux au pale crepuscule, Toumes vers l’avenir dont l’horizon recule.

Plus que jamais ils sentiront les coups du Temps.

LA VASOUE

La vasque se parant de frises enlacees,

Au clair de lune doux qui l’argente parfois,

A vu s’epanouir pres d’elle tes pensees

Que d’intimes douleurs troublerent tant de fois.

Ne te souvient-il pas des heures depensees Pres du jet d’eau tombant sur les blanches parois ? Prete l’oreille encore aux plaintes cadencees Des soirs qui t’ont rempli de doutes et d’effrois.

La vasque souriant aux clartes vesperales A mele son eglogue aux flutes pastorales Qui murmurent au loin les chants du souvenir.

Reviens. Les bruits connus du grand bassin qui jase, Dans leurs jaillissements te combleront d’extase,

Et tu rappelleras la nuit lente a venir.

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