‹ L'ombre dans le miroir: poèmesChapitre 48 sur 73 · LE VOYAGEUR PARLE · texte numérisé non relu

LE VOYAGEUR PARLE

Humblement je me mets en presence du jour.

Oh! combien je subis ton empire, Lumiere !

L’air est pur et me semble aussi doux que l’amour, Et de mon cceur s’echappe une tendre priere.

Par toi, des le matin, j’assiste au tier reveil De la Nature en fleur qui sourit a mon reve ; Et c’est par ta vertu que bientot le soleil Secouant sa torpeur, plus radieux, se leve.

Je m'incline, ravi, devant l’immensite Qui sans toi resterait aux yeux inapergue,

Car tu fais resplendir l’immuable Beaute Qu’a lui-meme livre l’homme n’eut pas congue.

Tu rouvres sous nos pas de nouveaux horizons, Et meles ma pensee aux murmures du monde Qui repfend sa vigueur a l’or de tes rayons,

Et qui, selon tes lois, se regie et se feconde.

Inoubliable instant qui domine ce lieu,

Alors que l’on t’y voit, 6 Lumiere, apparaitre ! La vie infiltre en nous sa force et, peu a peu, Se manifeste en un sursaut de tout notre etre.

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