‹ L'ombre dans le miroir: poèmesChapitre 51 sur 73 · LE PENSEUR PARLE · texte numérisé non relu

LE PENSEUR PARLE

En te voyant, Lumiere, inonder les monts bleus Et les chemins fleuris d’une antique colline, Combien nous remontons a ces jours nebuleux Vers qui le souvenir du passe s’achemine.

Combien, t’ayant niee, errerent, le front las, D’hommes dont la douleur a change le visage,

Parce que leurs regards vers toi ne s’ouvraient pas, Et qui n’ont point compris le but de leur voyage.

Combien, sans ton secours, dans des siecles pervers, Dans les rafales qui les fauchaient, fremissantes, Sont tombes aux chemins rugueux de l'univers Oii les roses cachaient leurs epines blessantes. Combien n’as-tu pas vu se batir de cites Qui soumises sans cesse a des metamorphoses,

— Echos des ages morts vers la nuit emportes, — Demeuraient le jouet du changement des choses.

Clarte qui dirigeas le labeur des humains,

C’est par toi que tout vibre en l’immense Nature ! C’est par toi que, depuis les temps les plus lointains, L’esprit pur qui fermente et la matiere obscure Transformerent le monde en un creuset divin Ou, puisant ta chaleur chaque jour depensee,

S’epure lentement d’un magique levain Ce joyau precieux et rare : la Pensee.

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