‹ L'Ombre du mari, comédie-vaudeville en 1 acteChapitre 14 sur 18 · ADÈLE, FERDINAND · texte numérisé non relu

ADÈLE, FERDINAND

ADÈLE , avec intention. Bonsoir, Fanny, bonne nuit!

Ferdinand, à part. C’est elle elle a

reçu ma lettre.

ADÈLE , à part. Je sais tout à présent...

ah ! monsieur Clovis !

(Ferdinand parle haï pendant toute celte «cène,

et , de terni* en lems, regarde du cdlc «le la fenêtre , comme s’il craignait d'être surpris.)

Ferdinand. Eiiliii , chère amie . c’est toi!... tu ne saurais croire avec quelle impatience je t’attendais!

ADÈLE, à pmt. Le misérable ! c’est qu’il imite jusqu'au son de sa voix.

FERDINAND. Approche donc, que je t’embrasse !

ADÈLE . avec ironie. Doucement , monsieur ! vous oubliez quel est ici votre personnage.

FERDINAND. Mon personnage !

(11 veut l'attirer à lui )

ADÈLE. Ne me touchez pas! ce serait manquer de présence d’esprit.

FEnniNAND, à part , étonné. De présence d’esprit... Que veux-tu dire?

ADÈLE. Si quelqu’un entrait...

FERDINAND. Il n’y a rien à craindre

personne ne peut venir.

adèle. Personne... si fait... car je vais appeler pour avoir de la lumière.

FERDINAND. Ce n’est pas la peine

puisque tu es auprès de moi , que je te presse dans mes bras, je n’ai pas besoin de

lumière... allons, allons, Adèle n’aie

donc pas peur... embrasse-moi.

ADÈLE, rouan nçant à se fârher. Encore!

ah ça mais , voulez-vous bien me laisser, monsieur?

FERDINAND. C’est comme ça que tu inc reçois... moi , tou Ferdinand, ton mari, qui revient...

ADÈLE. Oh! grâce au ciel, je ne crois plus aux revenans.

Ferdinand. Merci.

ADÈLE. Sortez, entendez-vous, sortez surle-champ , et que je ne vous revoie jamais.

FERDINAND, il part. Est -ce que par hasard j’aurais une lièvre cérébrale? ou bien est-elle devenue folle? ( liant. ) Voyons, reviens à toi , chère amie , tu me prends pour un autre.

ADÈLE- Non, monsieur, je sais parfaitement qui vous etes.

Ferdinand. Et c’est ainsi que tu me traites!

adèle. Cela vous étonne , après votre conduite ?

Ferdin and. Ma conduite!... si j’y comprends quelque chose...

adèle. Allez, monsieur, c’est affreux!..

c’est indigne! s’introduire chez moi la

nuit!...

Ferdinand. Le beau malheur! il le fallait bien !

L t MAGASIN THÉATÉÀL*

ADÈLE. Et pâr une potte secrète encore !

FERDINAND. Il n’cst pas question de porte secrète ; c’est par la fenelre que je suis entré.

adèle. Par la fenêtre!... Eh bien! il ne manquait plus que cela... Et que voulez-vous qu’on pense de moi , si l’on vous a vu ?

Ferdinand. Parbleu! on pensera... tout ce qu'on voudra.... Qu’est-ce que ça me fait... je suis ici chez moi.

ADÈLE , furieuse . Chez lui ! chez lui !

Pour la dernière lois, sortez, monsieur.

Ferdinand. Que je sorte !

Adèle. Et je vous le répète, ne revenez jamais... Votre amour m’est insupportable.

Ferdinand. Insupportable !

ADÈLE. Un autre a reçu ma foi , mes senne ns.

FERDINAND. Un autre!...

ADÈLE. Et jamais je n’éprouverai pour vous ce que j’ai éprouvé , ce que j’éprouve encore pour lui.

Ferdinand. Et c’est à moi que vous faites cette jolie confidence?... Ah! j’étoufFe de colère !

adèle. Sortez ! monsieur, sortez par où vous êtes venu.

FERDINAND. Par la fenêtre!

(Adèle sort et lui frrroe la porte au ne*.)

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