ADÈLE, FERDINAND
ADÈLE , avec intention. Bonsoir, Fanny, bonne nuit!
Ferdinand, à part. C’est elle elle a
reçu ma lettre.
ADÈLE , à part. Je sais tout à présent...
ah ! monsieur Clovis !
(Ferdinand parle haï pendant toute celte «cène,
et , de terni* en lems, regarde du cdlc «le la fenêtre , comme s’il craignait d'être surpris.)
Ferdinand. Eiiliii , chère amie . c’est toi!... tu ne saurais croire avec quelle impatience je t’attendais!
ADÈLE, à pmt. Le misérable ! c’est qu’il imite jusqu'au son de sa voix.
FERDINAND. Approche donc, que je t’embrasse !
ADÈLE . avec ironie. Doucement , monsieur ! vous oubliez quel est ici votre personnage.
FERDINAND. Mon personnage !
(11 veut l'attirer à lui )
ADÈLE. Ne me touchez pas! ce serait manquer de présence d’esprit.
FEnniNAND, à part , étonné. De présence d’esprit... Que veux-tu dire?
ADÈLE. Si quelqu’un entrait...
FERDINAND. Il n’y a rien à craindre
personne ne peut venir.
adèle. Personne... si fait... car je vais appeler pour avoir de la lumière.
FERDINAND. Ce n’est pas la peine
puisque tu es auprès de moi , que je te presse dans mes bras, je n’ai pas besoin de
lumière... allons, allons, Adèle n’aie
donc pas peur... embrasse-moi.
ADÈLE, rouan nçant à se fârher. Encore!
ah ça mais , voulez-vous bien me laisser, monsieur?
FERDINAND. C’est comme ça que tu inc reçois... moi , tou Ferdinand, ton mari, qui revient...
ADÈLE. Oh! grâce au ciel, je ne crois plus aux revenans.
Ferdinand. Merci.
ADÈLE. Sortez, entendez-vous, sortez surle-champ , et que je ne vous revoie jamais.
FERDINAND, il part. Est -ce que par hasard j’aurais une lièvre cérébrale? ou bien est-elle devenue folle? ( liant. ) Voyons, reviens à toi , chère amie , tu me prends pour un autre.
ADÈLE- Non, monsieur, je sais parfaitement qui vous etes.
Ferdinand. Et c’est ainsi que tu me traites!
adèle. Cela vous étonne , après votre conduite ?
Ferdin and. Ma conduite!... si j’y comprends quelque chose...
adèle. Allez, monsieur, c’est affreux!..
c’est indigne! s’introduire chez moi la
nuit!...
Ferdinand. Le beau malheur! il le fallait bien !
L t MAGASIN THÉATÉÀL*
ADÈLE. Et pâr une potte secrète encore !
FERDINAND. Il n’cst pas question de porte secrète ; c’est par la fenelre que je suis entré.
adèle. Par la fenêtre!... Eh bien! il ne manquait plus que cela... Et que voulez-vous qu’on pense de moi , si l’on vous a vu ?
Ferdinand. Parbleu! on pensera... tout ce qu'on voudra.... Qu’est-ce que ça me fait... je suis ici chez moi.
ADÈLE , furieuse . Chez lui ! chez lui !
Pour la dernière lois, sortez, monsieur.
Ferdinand. Que je sorte !
Adèle. Et je vous le répète, ne revenez jamais... Votre amour m’est insupportable.
Ferdinand. Insupportable !
ADÈLE. Un autre a reçu ma foi , mes senne ns.
FERDINAND. Un autre!...
ADÈLE. Et jamais je n’éprouverai pour vous ce que j’ai éprouvé , ce que j’éprouve encore pour lui.
Ferdinand. Et c’est à moi que vous faites cette jolie confidence?... Ah! j’étoufFe de colère !
adèle. Sortez ! monsieur, sortez par où vous êtes venu.
FERDINAND. Par la fenêtre!
(Adèle sort et lui frrroe la porte au ne*.)