‹ L'Ombre du mari, comédie-vaudeville en 1 acteChapitre 15 sur 18 · CLOVIS · texte numérisé non relu

CLOVIS

Ferdinand. Eli bien! fai es donc quinze cents lieues, exposez-vous donc à être fusillé !... et cela pour apprendre de la bouche de votre femme qu'elle ne vous aime plus, qu’elle eu aime un autre, et qu’eufiu vous cles..i.. Ah ! que ne suis-je «esté avec les sauvages du Canada! ( Musique à l'orchestre.) Qu’esi-ce que c’est?. {Clovis, grotesquement affublé d’un uniforme, entre pur la petite porte.) Un homme, je crois!... oui...

un homme !... mon rival, saus doute :....

ah ! je le voudrais ! ça me ferait tant de plaisir d’assommer quelqu’un dans ce înomenl-ci !

CLoVis. Eh ! eh ! eh ! me voilà encore une fois arrivé sans mauvaise rencontre...

J’ai vraiment du bonhetir ; jamais personne ne me voit entrer ici.

FERDINAND, à part. Si je ne me trompe, c’est un militaire... Eh bien ! tant mieux!

nous pourrons nous couper la gorge ensemble. . . ça me consolera.

Cloais. Il fait noir comme dans un four... Je crois que cette profonde obscurité pourrait bien me rendre téméraire. ..

Depuis que je m'introduis la nuit chez la charmante veuve, j’ai toujours été fort respectueux.

Ferdinand, à part. Hein? qu’est-ce qu’il dit? je n’entends pas...

Clovis. La faible clarté d’une veilleuse suffisait pour eu imposer à ma timide flamme; mais du moment qu’on n’y voit goutte , je ne réponds plus de rien. Eli ! eh ! eh ! {Se dirigeant du côté du lit.) Avançons vers cet asile du mystère.

Ferdinand , à part. Oui , avance , avance... tu 11e te doute guères de ce qui l’attend dans l’asile du mystère.

( Il entre dans l'alrove el sc cache derrière les rideaux.)

CLOVIS, s’arrêtant. Un instant! Je

présume que j'allais faire une bêtise

c’est étonnant , mais enfin c’est possible... Clovis, mon bon ami, rappelez - vous

que vous n’etes qu’une vapeur légère

vous ne devez pas etre autre chose qu’une vapeur légère... ainsi n’allez pas , par une imprudente réalité, faire évanouir la puissance de l’illusion.

FERDINAND, passant sa tête entre les rideaux. Qu’est-il donc devenu?... Ab! le voilà qui vient.

CLOVIS, s f approchant du lit. Quand je pense que là , derrière ces rideaux , repose une intéressante créature douée de mille appas.

FERDINAND, à part. La peste te crève, animal , avec tes appas !

clovis. Un ion modeste.

FERDINAND. Brigand, va!

Clovis. Un caractère doux.

Ferdinand. Comme je t’étrauglerais de bon cœur !

Clovis. Un air de candeur, une vraie figure de vierge Allons , allons , chas-

sons ces idées séductrices , et ne songeons qu’à bien jouer mou rôle.

Ferdinand, à part. Son rôle!

CLOVIS. Adèle!... dors-tu? {.J part.) Ah! que je suis bète!... une voix sépulcrale...* Adèle!... dors-tu?

FERDINAND* maîtrisant un mouvevient de fureur. Je ne sais qui inc retient...

Clovis. Elle a fait un mouvement... son sommeil est agité... elle rêve peul-étre de moi... oui, j’en suis sûr, elle rêve de moi... Pauvre petite chatte i... c’est le moment de frapper son imagination par une apparition subite.

FERDINAND , à part. Armons-nous de patience , et tâchons de le faire jaser.

CLOVIS. Chère Adèle!...

FERDINAND, prenant une roi* de femme.

Qu’est-ce ?. . . qui êtes-vous?

CLOVIS. Ferdinand... ton mari.

Ferdinand, à part. Ferdinand!... Pourquoi donc prend-il mon nom , ce gaillardlà?...

CLOVIS. J’ai abandonné la demeure célestedes élus., je viens des Champs-Elysées.

FERDINAND , à part. C’est bien possible ; ils sont à deux pas d’ici.

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