SCENE IV
Les Précèbens , CLOVIS.
CLOVIS, à la cantonnait. C’est hon , c’est bon , méchantes!... Eh ! eh ! eh ! sont-elles méchantes!...
FANNY . A qui donc en avez-vous , monsieur Clovis?
Clovis. Ce sont ces demoiselles qui m’immolent au passage.
ADÈLE. Je leur ai cependant déjà défendu...
clovis. Oh ! ce n'est rien c’est
M"* Aylaé, qui prétend que j’ai la physionomie agréable.... comme une assignation... à cause que je suis clerc d’huissier. .. Le mot n’est pas mal... j’en suis assez satisfait.
ADÈLE , bas à Fanny. Et voilà celui qu’il faut que j'épouse !
CLOVIS. Vous le voyez, cruelle , malgré
THÉATAAL.
vos rigueurs , je reviens encore près de vous , plus amoureux , plus passionné que jamais... J'ai des rivaux , je le sais ; mai» apprériez-inoi... voilà tout ce que je >04»
demande.
Air du Premier Prix.
Le matin lorsque je me lève ,
Je crois vous voir dans le brun nlard.
Chaque nuit je vous vois en rêve.
Vous me donne* le cauchemar.
J'ai toujours vos yeux dans la tète.
Je dessèche pour vo. allraitsi Enhn j'vous aitn’ , que j'en suis béte ,
Et je ne rh.tn; -rat jamais;
Non , non , non , non , je ne changerai jamais.
Appréciez-moi , vous dis - je , appréciezmoi !
ADÈLE. Me parlerez-vous donc toujours de cela ?... Vous savez bien que c’est impossible.
CLOVIS. Je coiusais 1a raison que vous allez m’opposer; je sais que vous allez me dire que la mort de voire mari n'est pas authentique , que la preuve légale n’en existe pas... Mais je vous en préviens, le moyen est usé. . . il est usé jusqu’à la corde, le moyen.
ADÈLE. Que voulez-vous dire?
clovis. Que demain , au plus tard, vous saurez officiellement à quoi youg en tenir.
ADÈLE. Demain?
clovis. Oui , demain vous aurez l’extrait mortuaire de votre mari... 11 est toujours agréable pour une femme de tenir l’extrait mortuaire de son mari... Eh! eh!
eh ! le mot est fort joli.... j'ea suis trègsatisfait.
ADÈLE. Monsieur !...
CLOVIS. Ah! pardon, pardon!
FANNY. M. Clovis ne sait ce qu’il dit , ma chère ; toutes les démarches qu’on a faites à cet égard ont été infructueuses.
clovis. Ah ! je ne sais re que je dis!...
Eh bien ! apprenez que c’est le secrétaire
{ jetterai du ministère de la marine qui me ’a promis.
FANNY. A vous?
clovis. Oui , à moi... c’est-à-dire , pas à moi-même , mais à une jeune et jolie nymphe de l’Opéra, que je poursuis depuis quelque teins.
fanny. Ah ! vous poursuivez les nymphes !
CLOVIS. Certainement je la poursuis
je la poursuis en paiement d'une somme
t ‘ombré
Je 1500 fr.> pour le prix d'un fusil de chasse et d’une paire de pistolets de combat.
FANNY. Un fusil ! des pistolets !... à une danseuse !
CLOVIS. Oui.».. C’est un présent qu’elle a fait à son cousin , qui est sapeur dans la garde nationale... Comme je sais qu'elle a beaucoup de crédit au ministère , je la ménage... je lui envoie des coinmandemens sous enveloppe , pour que ses domestiques ne sachent rien ; et elle m’a bien promis que demain , au plus tard , et peut-être même ce soir, j’aurai la pièce en question.... Si vous le permettes , je vais lui envoyer un mot par le portier. ( Appelant par la porte du fond.) Père Kagot! père Ragot!