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dans la fable du Singe et le Léopard, ïl fait dire à celui-ci :
Eee le roi m'a voulu voir, Etsi je meurs il veut avoir Un Manchon de ma peau; tant elle est bigarrée, Pleine de taches, marquetée Et vergetée et mouchetée.
Quant au chien de Manchon (pour finir de contrôler la définition de Furetière), non seulement Hollar nous en a laissé la gravure et nous l'a présenté sous la forme d’un petit Épagneul basset, mais encore le père Du Cerceau fait dire à son poète tapissier :
Il ne fut pas même jusqu’à Cadet (petit chien de la dame) Qui d’aboyer contre moi ne fit rage.
L’ingrat Cadet à qui dans mon manchon J’avois tant soin de fourrer du bonbon
Le bureau des marchands pelletiers et fourreurs, au xvir' siècle, se trouvait rue de la Tabletterie ou rue des Fourreurs, qui débouchait au carrefour de la place aux Chats. Les boutiques des marchands pelletiers en détail étaient presque toutes situées en la Cité, rue Saint-Jacques de la Boucherie et rue de la Juiverie.
« On trouve en ces endroits, dit Léger, de très beaux Manchons pour hommes et pour femmes et des plus à la mode... on y vend aussi de très belles aumusses à petit-gris. Il ajoute un mot sur les Palatines travaillées proprement, composées de peaux d'animaux, tant étrangers que .du pays. — Le Livre com-
de DES
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mode des adresses de Paris contient quelques désignations de marchands pelletiers et fourreurs vers la fin du xvrre siècle.
La Mode variait déjà beaucoup la forme du Manchon sous Louis XIV ; d’après les rares documents que nous avons pu inventorier, il nous a été facile de constater de nombreuses modifications dans la forme etdans le volume. Tantôt étroit et long, tantôt large et court, il serait impossible d’assigner à ce petit meuble un type exact pour toute cette époque.
Le Manchon triomphait déjà, sous Louis XIII, à l'empire des œillades et à la place Royale, comme il devait plus tard régner à Versailles et se faire voir dans les chaises à porteurs, au milieu des allées du parc, à l'heure des visites, prêtant toujours à la femme une contenance charmante et des grâces exquises.
Scarron, en ses Poésies diverses, a laissé en quatre vers un joli tableau de mœurs, pour qui peut moralement le développer : le pauvre Scarron ! il m'avait certes point besoin de Manchon, sur sa chaise de culde-jatte :
Ma femme alors me laisse en un danger Qu'elle devrait avec moi partager; Prend son manchon Et va voir quelqu’amie...
Mais laissons le siècle des grandes perruques et des fontanges et pénétrons dans le siècle de la poudre et des mouches, dans le siècle de Voltaire, qui, à propos d’un de ses personnages de Micromégas, écrivait :
« Figurez-vous un très petit chien de Manchon qui suivrait un capitaine des gardes du roi de Prusse. »
- Une gravure de l’Encyclopédie nous présente fort à propos la reproduction fidèle d’une boutique de fourreur au siècle dernier. — Le jour pénètre par une large
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baie vitrée; tout autour de la pièce, sur des rayons, sont rangés des Manchons et des fourrures diverses; deux marchandes gentilles offrent aux clients d'énormes Manchons de petit-gris et un garçon de magasin bat, à l’aide d’une baguette, l’un de ces manteaux fourrés que l’on mettait «en pension » durant l'été pour le préserver des mites. Cette gravure, qui est un précieux document que l’on peut attribuer à Cochin, rappelle deux charmantes historiettes de Restif de la Bretonne dans ses Contemporaines du commun : l'une intitulée /a Jolie Fourreuse, l’autre la Jolie Pelletière. — Professions disparues!
« Les fourrures, — ont écrit MM. de Goncourt dans une note très étudiée de la Femme au xvine siècle, — furent un grand luxe dela Parisienne, au temps où la Mode était d'arriver à l'Opéra vêtue des plus superbes et des plus rares, et de les dépouiller peu à peu avec un art de coquetterie. La vogue de la martre-zibeline, de l’hermine, du petit-gris, du loup-cervier, de la loutre, est indiquée dans les Étrennes fourrées dédiées aux jolies frileuses, Genève, 1770. Les Manchons ont toute une histoire, depuis ceux que déconsidéra le fourreur en en fai-