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TL dans SR Bibliot de Von as à propos
est ques de Louize Labé. — Sous Charles IX, les simples Bourgeoises ne pouvaient porter que des manchons noirs; seules les Dames de la plus haute condition avaient droit à des somptueux Manchons de couleurs variées.
Dans une estampe satirique de 1634, signée Jaspar Isac et intitulée l'Écuyer à la mode, nous voyons,
porté par une femme qui accompagne à pied un cavalier gascon, le premier Manchon français qui ait un rapport direct avec celui qui est encore en usage aujourd’hui. C’est un fourreau d’étoffe ou de soie bordé de chaque côté d’une épaisse fourrure blanche, qui s’élargit démesurément et forme boudin sur les bords. Mais c’est parmi les précieuses gravures de Hollar, Abraham Bosse, Arnoult, Sandrart, Bonnard et Trouvain que nous pouvons voir naître en réalité le Manchon authentique et le trouver aux mains de la matrone parisienne, de la dame de qualité en habit d'hiver, de la précieuse et de la coquette coquetant. Une gravure de Bonnard nous montre une grande Dame, coiffée à la Fontange et vêtue comme à la cour, sur le point de sortir; la suivante ajuste la mante et un gentilhomme attend le bon plaisir de la belle; le Manchon qu’elle porte était alors de moyenne grandeur, avec nœud sur le milieu. On prenait le Manchon par genre, « par grâce », et il était fait de martre-zibeline pour les dames de la Cour et simplement de peau de chien ou de chat pour les petites bourgeoises qui ne pouvaient consacrer plus de quinze à vingt livres à l'acquisition de ce léger chauffe-mains.
Antoine Furetière, dans son Dictionnaire, a con-
densé en quelques lignes tous les matériaux d’une dissertation sur le Manchon au xvrre siècle. Au mot Manchon, on lit:
Fourrure qu’on porte en hiver, propre pour y mettre ses mains, afin de les tenir chaudement. Les Manchons n’étoient autrefois que pour les femmes; aujourd’hui les hommes en portent. Les plus beaux Manchons sont faits de martre... les communs de petit-gris... Les Manchons de campagne des cavaliers sont faits de loutre, de tigre. Une femme met le nez dans son Manchon pour se cacher. Un petit chien de Manchon estun petit chien que les dames peuvent porter dans leur Manchon.
Tout est résumé ici, on le voit. Saint-Jean et Bonnard nous ont conservé les types de gentilshommes français porteurs du Manchon sous Louis XIV. L'un, en habit d'épée, porte avec beaucoup de grâce un petit manchon tigré qu’il tient d’une main laissant voir par l'ouverture abandonnée le crispin d’un gant fourré; un autre, en habit de cour d'hiver, maintient avec une langueur de petit-maître un joli Manchon de loutre très rondelet qui tombe à hauteur de hanche, laissant aux bras une courbe gracieuse; au milieu de ce Manchon, un vaste nœud de rubans ou de Galants, quelque chose comme l’ancienne petite oie, s'étale avec assez de bonheur. On ne voyait guère, vers 1680, d’après le Mercure galant, que des rubans pourfilés d’or, passementés, frangés, tortillés, cannetillés, brodés, qui se nouaïent en nœud au-devant du Manchon.
La Fontaine fait sans doute allusion au Manchon de campagne dont parle Furetière, lorsque,