SECTION VII
" Moyens de guérison proposés par les autres Médecins. |
It y a quelques maladies dans lesquelles on est presque sûr du succès des remèdes. Geiles qui sont la suite des épuisements vénériens, et à plus forte raison de la masturbation , n’entrent pas dans cette classe; et le pronostic qu’on en peut faire, quand elles sont parvenues à un certain degré, n'a rien que d'effrayant. HirpocraTx à annoncé la mort. « C'est une misérable inaladie, dit Bognaavs : je « l'ai vue souvent, Je n'ai jamais pu la guérir. » Van SwixkTEN iraita sans succès pendant trois ans le malade dont il pa:le. J'ai vu mourir misérablement de cette maladie. Il y a d'autres malades que je n'ai pas méme pu soulager. Gependant.ces exemples ne doivent pas décourager: l'on en a de plus heureux. Il s'en trouve dans la collection de l’OnAx14 , dans les observations des médecins; ma pro- pre pratique m'en a fourni quelques-uns.
Dans le méme endroit où Hiprocrare donne la description de la maladie telle que je l'ai rapportée plus haut , il indique la curation. « Quand le inalade . |
L’ONANISHE. | 67 se trouve dans cet état, dit-il, faites-lui des fomentations par tout le corps; ensuite donnez-lui un remède qui le fasse vomir, après cela, un autre qui purge la téte , ensuite un qui purge par en bas. Il faut entreprendre celle cure surtout au printemps. Après les purgatifs, l'on donne le pelit-lait ou le lait d'ánesse; après cela, le lait de vache pendant quarante jours. Pendant qu'il boira le lait, il ne mangera point de viande , et on lui donnera le soir unc bouillie de froment. . Après avoir fini l'usage du lait, on le nourrira de viandes les plus tendres , en commencant par une petite quantité, et on le rengraissera par ce moyen. Il évitera , pendant un an, toute débauche, tout exercice vénérien , et tout autre exer- cice immodéré; il se bornera à des promenades, dans lesquelles il évitera le froid et le so-
lei (1). o»
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(t) Le docteur Doussin-Dubreuil indique le régime suivant . comme étant un sùr préservatif de cette horrible maladie : «Vous vous garderez bien, leur dis-je, de faire usage de liqueurs qui toujours échauffent le sang ; «Vous vous accoutumerez au froid ; «Vous éviterez les habillements trop chauds.
«L'hiver vous pourrez vous couvrir de deux couvertures légéres,. et l'été d'une seule également légère.
«ll faut faire tout ce qui dépendra de vous pour ne jamais cou+ cher que dans des chambres où l'on ne fait point de feu. , : «Le jour vous vous chaufferez le moins possible ; cependant il faut que vous évitiez soigneusement le froid des pieds. ; «Un usage long du thé peut vous être contraire; il en est demême de celui du chocolat ou du café, vous pouvez pourtant de temps à autre vous permettre de ce dernier, lorsque vos digestions se feront lentement.
« Si vous n'avez point à vous plaindre d'aigreurs et que votre ‘estomac puisse digérer le lait, vous en prendrez particuliérement. Je matin à jeûn, vous préférerez celui qui sera trait devant vous,
. L'on voit qu'Hirpocrars commence la cure par up vomitif et par une purgation : son autorité pour-
rait faire loi; et celte loi, dans le plus grand nombre des cas, serait nuisible. Il est aisé de se retirer de cei embarras, en remarquant qu'il n'ordonne la purgation que dansla vue de détourner la fluxion qu'il supposait se jeter de Ja tête sur l'épine du dos, -
-et passé dans un linge; vous m'attendrez point qu'il ait perdu de :sa chaleur, toujours plus naturelle que celle que lui communique le feu ; il faut préférer les bains froids aux bains tiédes, mais em général les premiers ne doivent être pris que l'été; vous devez éviter d'étré long-temps dans une atütude courbée; vous vous coucherez de bonne heure et le moins possible sur le dosou surle ventre, mais bien sur l’un ou l'autre des côtés. Mangez peu le soir, -et«que vos mets soient toujours d'une digestion facile; ne vous -Couchez si toutefois vous en êtes la maîtresse, que deux heures après avoir soupé, et jamais sans avoir uriné , évitez une longue constipation ; ne vous permettez jamais de découvrir les parties qui doivent être couvertes et en même temps d'y porter la main: si par suite d'une distraction elle s'en approchait, retirez-la à J'instant méme et surtout abandonnez tous les lieux où l'on ourage à plaisir Ja vertu par des propos plus ou moins indécents : lorsque vous ne pourrez tout aussitôt quitter ces lieux, gardezous bien de paraitre approuver une telle conversation ; je voudrais pouvoir trouver des termes assez cnergiquès pour vous faire sentir toute l horreur de ces propos, ou équivoques ou licencieux, grossiers et dégoûtants , qui manquent rarement leur buts mais.que ne donnerais-je pas pour pouvoir écarter à jamais de vos mains et de vos yeux, ces livres détestables par lesquelsl e poison de la licence coulerait à grands flots dans vos veines, qui rapprochent de l'imagination des tableaux ignobles qui la remplissent , et vous agitent pendant le jour pour vous agiter encore plus pendant la nuit, pour ne plus vous laisser de calme dans aucun temps ; il.y a tant d'ouvrages qui occuperont dignement votre attention, n'en lisez donc jamais d'autres; employez tous
vos moments d'étude et d'exercices à vous instruire et à vous ' fortifier encore le corps: c'est ainsi que vous parviendrez à. triompher des attaques de l'impudeur qui vous serait conseillée At qui pourrait n'avoir pour Cause qu'une constitution trop at-
ente.»
| | L'ONANISME, 69 €t que, dans un autre endroit, il met ceux qui sont malades aprés des excès vénériens dans le catalogue des personnes auxquelles il ne faut donner aucun purgatif, « parce que non seulement ils ne peuvent * leur faire aucun bien, mais qu'au contraire ils « peuvent leur faire du mal. » Ainsi, c'est cette dernière règle qui doit être regardée comme générale; la première forme une exception, et une exception qui méme paraît fondée sur une théorie dont l'er» . reur est reconnue aujourd'hui, et qui ne doit, par là méme , avoir aucune force.
On trouve dans la dissertation d'Horrmanx, que
j'ai déjà souvent citóe, deux observations qui doi» . ent rendre très circonspect sur l'usage de l'émétique; jeles rapporterai l'une et l'autre. Un homme de cinquante ans, s'étant livré pendant long-temps b des excès en femmes, tomba dans la langueur, la maigreur, la consomption; sa vae diminua sensibblement; enfin il ne voyait les objets que comme à travers un nuage; ce fut à cette époque qu'il prit un émétique, pour prévenir la fièvre qu'il craignait, après un long usage de viande du cochon famée : le remède lui fit enfler la téte , et le rendit totale» "nent aveugle. Une prostituée publique, qui éprouwait un obscurcissement dans la vue, toutes les fois qu'elle avait commerce avec un homme, ayant pris "un émétique, perdit entierement la vue.
BozrnAAvE paraît avoir voulu indiquer les diff. œultés de la guérison plutôt que les moyens de l'obtenir. «Il y a peu d'espérance de guérison; le lait «passe trop facilement; l'exercice à cheval ne fait aucun bien à ces sortes de malades, et ils se plai- « gnent que ces remèdes les affaiblissent effective"
« ment ; l'exercice rend dans l'erreur de leurs « songes l'écoulement de la semence plus. abon- « dant, et leur óte en méme temps leurs forces. « Lorsque le jour reparaîl, ils ne quittent leurs lits « que baignés de sueur ct affaiblis pur le sommeil « méme ; ils ne peuvent supporter les aromaliques, « dont les effets sont aussi dangereux. Les seules « ressources, dans ce cas, sont les bons aliments, « un exercice modéré du corps, les bains des pieds; « et les frictions faites avec précaution. E Parmi les consultations de ce grand homme, que pe HALLer a ajoutées à l'édition qu'il en a procurée, ilen a une pour un homme qui s'était rendu Aout-à-fait inepte aux plaisirs de l'amour. « Un « homme de trente ans s'est si fort affaibli les oreganes de la génération, que le sperme s'écoule « Loutes les fois qu'il a queique commencement « d'érection ; car elle n'est jamais complète, et la « semence n'est point lancée avec force, mais elle « s'écoule goutte à goutte , ce qui le rend impuis- « sant : il a la mémoire, l'estomac, les reins et les « jambes totalement affaiblis. » hi^ Ha a BougenAAvE répondit : « Ces maladies sont tou- « jours extrêmement difficiles à guérir; elles ne se « déclarent presque jamais que lorsque le corps af- « faibli fait que les remèdes restent sans effet. On « peut essayer ce que produiront les suivants : un - « régime sec el léger, composé d'oiseaux, de viande « de bœuf, de mouton, de veau, de chevreau, rótie «plutôt que bouillie; d'une petite quantité de x bière excellente, de peu de vin, mais d'un vin « trés fortifiant ; beaucoup d'exercice, augmenté « peu à peu jusqu'au commencement de lassitude,
L'ONANISME. 71 v et toujours à jeun ; des frictions avec une flanelle « parfumée de la fumée d'encens, sur les reins, le æ bas-ventre, le pubis , les aines, le scrotum, faites € régulièrement le soir et le matin. Il faut prendre « de deux heures en deux heures, pendant le jour, «une demi dragme de l'opiat suivant :
« R. Terre japon. dr. IF. Opopanac. dr. F.
« Cort. peruv. dr. F1. Cons. rosar, rub. unc. I. « Oliban. dr. 1H. Succ. acac. unc. ss. syrup. Kerm. eg. s f. s. le a. cond.
« Et l'on boira par-dessus demi-once du vin mé: - « dicinal. e «Ri. Rad, caryophill. mont. Pan. mar. aa.
‘a unc. 1. Cort. rad. Capar. tamarise. aa. une. 1. ss. lis. Agalloch. veri unc. vin. gall. alb. lib.
LH d TF. f. 5. P a, vin. med. »
J' espère, ajoutait DonknnAAYE , que le malade cra guéri, aprés en avoir fait usage deux mois, Mais i! ne voulut point s'en servir, et il mourut, au bout de quelques semaines, d'une 2: scnterie maligne. Quel éût été l'effet du remède? C'est ce qu 'on ne peut pas deviner. ZrwwERwAN m'a écrit qu'il en -avait fait faire usage à un malade, , pendant deux sans aucun succes.
1 Horruanx indique les précautions qu'il faut pren dre, et les moyens qu'il faut employer. « ]l faut «éviter tous les remèdes qui ne conviennent pas taux pen ates faibles, et qui peuvent affaiblir un .« corps déjà énervé : tels sont tous les astringents, « ceux qui sont trop rafratchissants, les saturnins, 4 les nitreux, les acides, et surtout les narcotiques; a ils nuisent tous dans le cas de cette espèce, et
bz L'ONANISME. / « malheureusement. on ne laisse pas que d’en faire '* souvent usage. pe | ie
« Le but qu'on doit se proposer, c'est de rétablir « les forces et de rendre aux fibres le ton qu'elles « ont perdu. Les remédes chauds, volatiles, aroma- « tiques, ceux qui ont une odeur forle et agréable, « ne conviennent pas ici ; il nefaut que des aliments . à doux et propres à réparer cette substance nutri- « tive, gélatineuse, que les évacualions immodérées « ont détruites : tels sont les bouillens forts de « bœuf, de veau, de chapon, avec un peu de vin, - € de suc de citron, de sel, de noix muscade, et de « clous de girofie. On joint, avec succès, à cet - «usage celui des remèdes qui favorisent la trans- « piration, et qui raniment le ton languissant des - & fibres. » | |
Dans une autre consultation pour un masturbateur, il ordonnait de prendre tous les matins une mesure de lait d'ánesse, coupé avec un tiers d'eau deSelter. — "sd
Il serait inutile de citer les préceptes ou les ob» servations d'autres auteurs. Je me contenterai dé rapporter un cas trés utile, tel qu'il se trouve dans
une thèse de Wzszrniwz , qui renferme quatorze
observations toutes intéressantes. |
. W. Gonybeare, âgé de trente ans , avait depuis. : six ans la vue si obscurcie, sans aucun vice appa= rent dans l'œil, qu'il voyait tous les objets comme h trávers d'un nuage épais. Il avait été successiyement dans les trois hôpitaux les plus célèbres de Londres, Saint-Thomas, Saint Barthélemy et Saint- Georges : enfin, il y a deux ans qu'il se rendit dans | le nôtre. Partout, après les autrés remèdes, on avait -
zh
L'ONANISME. Er essayé si la salivation mercurielle pourrait le guérir de cette espèce de goutte sereine. Les médecins étaient lassés, et le malade entièrement découragé. | E'interrogeant en particulier, et avec beaucoup de soin, sur sa maladie, il me dit que, de temps en temps, 1! se sentait mal tout le long de l'épine da dos, surtout quand il se courbait pour prendre: quelque chose; que ses jainbes étaient si faibles ,. | qu'il pouvait à peine être debout une minute sans s'appuyer, autrement les jambes lui. tremblaient , et il avait un vertige et un éblouissement; que $a mémoire était si fort affaiblie , que quelquefois il paraissait stupide; et je vis moi-méme qu'il était extrêmement décharné. Tout cela me fitsoupconner que la goutte sereine pourrait bien n'être qu'un symptôme d’une maladie plus fácheuse, et que le malade était attaqué d’une véritable consomptron dorsale, | Je le sollicitai vivement à m’avouer s'il ne s'&tait jamais souillé de l'abominable crime d'Onania, qui détruit entièrement les parties balsamiques du. fluide nerveux. Après bien des délais, il l'avoua en rougissant. Je lui ordonnai de prendre le soir deux pilules mercurielles ; dont chacune contenait six grains de mercure doux, et le lendemain une once de sel purgatif, et de réitérer quatre fois dans Quinze jours. Au bout de ce terme , Je le fis vivre, suivant l'ordonnance d'Hiprocrate, dans un cas. semblable; uniquement de laitage pendant quae rante jours. Dans le méme temps il se faisait frotter deux ow trois fois pav semaine en se couchant. À là fiw de cette cure, il revint de la campagne en beaucoup meilleur. état que quand il était perti.
74 ; —OL'UNANISME. |
Be lui conseillai ensuite le bain froid, pendant trois semaines ; il le prenait à jeun, à huit heures du ma. tin, et de deux jours l'un. Pendant deux mois, il prit deux fois par jour l'électuaire minéral et le julep volatil, auxquels il joignait les frictions et les bains du pied. Ces secours rétablirent si bien sa santé, qu'il voulait reprendre l'exercice de sa profession, qui-était la boulangerie; mais je lui conseilai de se vouer à quelqu'autre, craignant que l'inspiration de la farine qui s'éléve en pétrissant, ne formát, dans un estomac et dans une poi-
trine encore faibles, une colle dont les effets au- -
raient pu élre dangereux. :
Les principaux remèdes de l’Oxaxra, sont des
secreis qu'il s'est réservés. L'on voit en général, et.
cette observation est importante, qu'il n'employait .aucun évacuant, et que ies roborants sculs en étaient la base, sous le nom de teinture fortifiante , tho
sitrentheming tinciure, et de poudre prolifique, the :
prolific powder. Ys agissent sans que leur action
produise aucun effet sensible, mais ce soni ies termes de l'auteur, ils enrichissent , ils fortifient , ils nourrissent les parties génitales de l'un et de l'autre sexe; ils leur donnent une nouvelle force, ils favorisent la génération de la semence, ils relèvent puissamenl les forces d’une nature accablée; en un
mot, comme tous les secrets, il opèrent tout ce
qu'on leur demande. 1! y à ün troisième remède
inconnu, sous le nom de poiion restaurante, qui
agit aussi très efficacement ; el, en effet, si l'on doit ajouter foi à tous les témoignages qui déposent en faveur de ces remèdes, ils ont sans doute beaucoup de vertu, Onire ces trois arcanes, il
donne quelques formules; l'une est une potion. composée d'ambre , d'aromates et de quelques autres remèdes de la méme classe; une seconde est “ua liniment composé d'huiles essentielles, de baumes, de teintures ácres; l'une et l'autre de ces compositions me paraissent trop stimulantes, et, comme elles n'ont pour elles aucune expérience, j en omets la description : il en indique deux autres -qui paraissent plus convenables. :