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des leçons : il n’attendit pas long-temps son châtiment , et il périt misérablement de consomption ; au bout de deux ans. On trouye un fait semblable dans l'Oxavia. L'ingénieux auteur qui a. fourni l'extrait de l'édition latine de cet ouvrage, dans excellent journal latin qui paraissait à Berne il y á quatre ans, raconte, à propos de cette observation, que tout un collége trompait quelquefois, par cette manœuvre, l'ennui, et cherchait à éviter un sommeil que leur inspiraient les leçons d'une mé-
taphysique scolastique, qu'un très vieux profes-
seur leur faisait en dormant, mais cette historiette me paraît moins prouver ce que j avance , que l'orrible dissolution dans laquelle les jeunes gens peuvent tomber. :
On a découvert, il y a quelques années, dans une ville, qu'une société entière de garnements de quatorze et quinze ans, s'était réunie pour la pratique de ce vice, et touto une école en est encore infectée. | lc c un © La santé d'un jeune prince se perdait journelle-
‘ment, sans qu'on püt en découvrir la cause. Son
chirurgien le soupconna , l'épia, et le surprit en. flagrant délit. Il avoua qu'un de ses valets de chambre l'avait instruit, et qu'il était retombé souvent. L'habitude était si forte , que les considé-
rations les plus pressantes, présentées avec force ,
ne purent pas la déraciner. Le mal allait en empivant : ses forces se perdaient journellement , et on. ne put le sauver qu'en le faisant garder à vue jour et nuit, pendant plus de huit mois. — |
Un malade me peignait vivement les difficultés de la victoire dans une de ses lettres. « Il faut bien
des efforis, ce sont ses termes, pour vaincre lhabitude qui nous est rappelée à chaque instant. Je vous l'avoue en reuügissant, la vue d’un objet féminin, quel qu'il soit, fait naitre chez moi des désirs. Je n'ai pas méme besoin de ce secours, ma sale âme n'est que trop portée i me représenter sans cesse des objets de concupiscence. Cetie passion ne s'allume plus chez moi: il est vrai que je me rappelle en méme lemps tous vos avis; jecombals , mais ce combat méme m'épuise. Si vous pouvez trouver le moyen de détourner mes pensées de cet objet, je crois que ma guérison serait bien proche (1).» L'on à déjà vu dans l'extrait de l’Oxaxra, que ia
réitération fréquente avait produit la fureur utérine chez une femme. L'habitude de n'être occupé que d’une idée, rend incapable d'en avoir d'autres; elle prend l'empire, et règne despotiquement : des
. Organes sans cesse irrilés, contraclent ume disposi-
(1) En quelque lieu qu'on se trouve, dit le docteur Sallzmann,
ce monstre y est aussi , les temples et méme le sanctuaire ne sont pas des asiles contre ses traits enflammés , mais combien lui résistc-t- on moins encore dans les lieux qui n'ont rien de sacré.
« Cette passion effrénée ne mesure pas non plüs ce qu'elle exige
sur ce qu'on peut lui fournir même lorsque les forces sont entièrement épuisées, méme lorsque les parties de la génération sont comme mortes, méme lorsqu'il. est physiquement impossible de payer le tribut qu'elle impose.
« Ce qui fut d’abord, dit le docteur Tode , un plaisir de corps k ) )
survit à celui-ci, et se transforme en plaisir de l'àme, mais au
plus grand opprobre de l'humanité, au plus grand scandale des
mœurs, on ne brise pas toujours les chaînes de ce hontéux escla-
vage en passant sous les doux liens du nœud conjugal, et c'est
en vain, pour quelques misérables au moins, que Dieu a répandu
E si vifs plaisirs sur l'union que sgs ministres autorisent , en Î4 rmant, »
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tion morbifique, qui devient un aigwillon toujours présent , indépendant de toute cause externe. Il y a des maladies des parties urinaires , qui donnent vne envie continuelle d'uriner; l'irritation réitérée des organes de ]a génération ,y produit une: maladie analogue. Il n'est point étonnant si le cons cours de ces deux causes, morale et physique, réue nies, jette dans cette horrible: maladie; Que cette idée est propre ài effrayer salutairement les personnes chez lesquelles il y a encore quelques vestiges de raison et de pudeur !
Üne quatrième cause de l'épuisement des masturbateurs , c’est qu'indépendamment même des émissions de semence, la fréquence des érections, quoiqu'imparfaites, dont ils se plaignent, les épuise considérablement. Toute partie qui est dans un état de tension, produit ux bene de forces;, et ils n'en ont point à perdre; les esprits s'y portent . en plus grande ahondance , ils se dissipent , ce qui affiblit; ils manquent aux autres fonctions qui, par là même, se font imparfaitement ; le concours. de ces deux causes a les suites les plus dangereuses. Un autre accident auquel cette dernière cause: rend les masturbateurs plus sujets, c'est une es-pèce de paralysie des organes de la génération ; d'oü naissent l'impuissance par le. défaut d'érection , el la gonorrhée simple, parce que les parties reláchées laissent échapper la véritable semence à mesure qu'elle arrive, et suinter continuellement l'humeur que séparent les: prostates, et qu "enfin toute la membrane intérieure de l'urétre acquiert une disposition catarrheuse,qui la disposed fournir un écoulement de méme nature que celles desper-
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tés blanches des femmes : dispositions, pour le 4ire en passant, moins rare qu'on ne pense, qui n'est point bornée à la membrane qui revêt les narines, la gorge, le poumon, mais qui attaque souvent tous les viscéres creux; qu'on méconnaîft parce qu'on ne la soupçonne pas, et qu'on traite mal parce qu'on la méconnait. I1 serait aisé de trouver, dans les observateurs, des exemples de cette maladie traitée pour une autre.
Un habile chirurgien me parlait un jour d'un homme qui, livré par unecspèce de goût singulier, aux Vénus du bas étage , ne les connaissant guère que dans les coins des rues, et debout, tomba dans
l'épuisement. accompagné de maux de reins les plus cruels, d'une atrophie où desséchement des cuisses et des jambes, jointe à une paralysie de ces parlies, qui paraissait êlre une suite de lassiinde dans laquelle il s'était livré à ses sales voluptés. Il mourut, après avoir gardé six mois le lit, dans un état également propre à inspirer la pitié et l'effroi. Cette observation ne fournit-elle pas une cinquiéme cause des dangers ordinairement particu liers à a masturbation ? Quand on perd ses forces par deux moyens à la fois, l'affaiblissement augmente bien considérablement. Une personne qui est debout ou assise, a besoin, pour se maintenir dans ces situalions , surtout dans la première, de faire agir un grand nombre de muscles; et cette . action dissipe les esprits animaux. Les personnes faibles qui ne peuvent pas se tenir un instánt de« bout sans éprouver une faiblesse ; les malades qui ne peuvent pas être assis sans éprouver le même accident, le prouvent bien évidemment, Pour être
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couch^ ou étendu, il ne faut point cet emploi de force. L'on sent par là. méme que le méme acte dans les unes ou dans les autres de ces attitudes produira bien plus d’affaiblissement dans les premiers que dans le dernier cas.
D'autres observations bien constatées fournissent une sixième cause qui paraîlra peut être bien fai ble, mais que des physiciens éclairés ne croiront pas volontiers nulle. Tous les corps vivants transpirent; il s'exbale à chaque instant par la moitié des pores de notre peau une humeur extrémement ténue, el qui cst beaucoup plus const. dérable que toutes nos autres évacuations. Dans Je même temps, une aulre espéce de pores admet une partie des fluides qui nous euvironnent , et les
brke dans nos vaisseaux. Ge sont des torrents invisibles, pour me servir de l'heurcuse expression de SzNAc, qui sorlent de notre corps el qui y enirent.
Il est démontré que, dans quelques cas, celte inspiration est très considérable.
En observant l'effet des passions, on découvre une différence entre ceux qui se livrent aux femmes et les masturbateurs; différence qui est toule au désavantage de ces derniers. La joie qui tient à l'âme, et qu'il faut bién distinguer de cette volupté purement corporelle que l'homme partage avec l'animal , et dont elle diffère du tout au Te cette joie, dis-je, aide les digestions , anime la VEN RUD tion , favorise toutes les fonctions, rétablit les for ces, dc soutient. Si elle se trouve réunie. avec les plaisirs de l'amour, elle contribue à réparer ce qu'ils peuvent ôter de force, et l'observation le
prouve. Sawcronivs l'a remarqué, « Après un coit « excessif , dit-il, avec une femme qu'on aimait et « qu'on désirait, l'on n'éprouve pas la lassitude « qui devrait être la suite de cetexcès, parce que « la joie que l'âme éprouve augmente la force du « cœur, favorise les fonctions , et répare ce qu'on « a perdu. » C'est sur ce principe que VENRTTE , dans l'ouvrage duquel on trouve un bon chapitre sur les dangers des plaisirs de l'amour poussés à l'excès, établit que l'union avec une belle femme épuise moins qu'avec une laide. « La beauté a des « charmes qui di:atent notre cœur et qui en mul- « tiplient les esprits. Il faut croire avec saint Chry- « sostôme que, à'excitant contre les lois de la na- « ture, le crime est beaucoup plus grand de ce « côlé-là que de l'autre. » Et peut-on douter que la nature n'ait attaché plus de joie aux plaisirs procurés par les moyens qui sont dans ses voies, qu'à Ceux qui y répugnent ?
Loin des plaisirs que le remords doit suivre.
Une dernière cause qui augmente les dangers de la masturbation, c'est l'horreur des regrets dont elle doit étre suivie, quand les maux ont dessillé les yeux sur le crime et sur ses dangers, — |
Et s'il en est qui soient dans ce cas, ce sont les
masturbateurs, Quand le voile est tombé, le ta- . bleau de leur conduite se présente sous les faces les plus hideuses, ils se trouvent coupables d'un . crime dont la justice divine ne voulut pas surseoir la punition, et qu'elle punit sur-le-champ de mort, d'un crime réputé trés grand crime par les paiens méme. |
= La honte qui les suit augmente infiniment leur misère. Tel est le degré de débordement, dans quelques endroits , que les débauches avec les fem. mes n'y sont presque regardées que comme un «sage; les plus coupables sur cet article n'en font pas mystére, et ne se doutent pas qu'ils puissent en être plus.méprisés. Quel est le masturbateus qui ose avouer son infamie ? Et cette nécessité de s’envelopper des ombres du mystère, ne doit-elle pas être à ses propres yeux une preuve du crime . de ses actes? Combien n'en est-il pas qui ont péri pour n'avoir Jamais osé révéler la cause de leurs maux. On lt dans plusieurs lettres de l'Onawra : « J'aimerais mieux mourir que de paraître devant « vous après un tel aveu, » L'on est, en effet, et l'on doit étre infiniment plas porté à excuser celui qui, séduit par ce penchant que la nature a gravé dans tous les cœurs, dont elle se sert pour conserver l'espèce, n'a de tort que celui de ne vouloir pas ' S'arréter au point limité par la loi ou par Ja santé: c'est un homme emporté par la passion qui s'oublie; Fon est bien plus porté à le justifier que celui qui peche en violant toutes les lois, en renversant tous les sentiments, toutes les vues de Ja nature. Sentant combien il devrait être en horreur à la société s'il était connu, cette idée doit le bourreler sans cesse. « I1 me semble, me marquait un « de ces criminels, dans la même lettre dont j'ai * cité un fragment plus haut, que chacun lit sur « mon visage l'infáme cause de mon mal, et cette * idée me rend la compagnie insoutenable. » Ils tombent dans la tristesse et dansle désespoir:on en a vu des exemples dans la quatrième section de cet
L'ONANISME, 65 ouvrage ; et ils éprouvent tous les maux qu'entratne une tristesse soutenue , sans avoir, ce qui est affreux pour un criminel, aucun prétexte de justification, aucun motif de consolation. Et quels sont ces ef- fets de la tristesse? Le relâchement des fibres, le ralentissement de la circulution, l'imperfection des digestions, le manque de nutrition, les obstructions occasionnées par ces serremenls qui paraissent étre l'effet 1e plus particulier de la tristesse; ces épanchements d'humeurs qui sont une suite des serrements : {es couloirs du foie se ferment, dit »E Sexac, et la bile se répand par tout le corps; les spasmes , les convulsions, les paralysies, les dou- leurs, l'augmentation de l'angoisse à l'infini; tous les accidents qui peuvent être une suite de ceux- Il est inutile de m'étendre davantage sur les:dangers particuliers de la masturbation; ils nesontque trop réels et trop démontrés; je passe aux moyens le guérison.