‹ L'onanisme; ou dissertation physique sur les maladies produites par la masturbationChapitre 2 sur 23 · SECTION PREMIERE · texte numérisé non relu

SECTION PREMIERE

Tableau tiré des ouvrages des Médecins,

HippocrATE, le plus ancien et le plus exact des observateurs, a déjà décrit les maux produits par l'abus dés plaisirs de l'amour, sous le nom de Consomption dorsale, « Cette maladie naît, dit-il « de la moelle de l’épine du dos. Elle altaque les « Jeunes mariés ou les. libidineux, Ils n'ont pas

-« de fièvre; et, quoiqu'ils mangent bien, ils mai- « grissent et se consument. Ils croient sentir des « fourmis descendre de la tête le long de l'épine. « Toutes les fois qu'ils. vont à la selle, ou qu'ils « urinent, ils perdent abondamment une liqueur « séminale très liquide : ils sont souvent occupés « de l'acte vénérien. dans leurs songes. Les pro- « menades, surtout dans les routes pénibles, les « essouflent, les affaiblissent , leur procurent des « pesanleurs de tête et des bruits d'oreilles (1); en- « fin unc fièvre aiguë (libiria) termine leurs jours.» Je parlerai, dans un autre endroit, de celte espèce de fièvre. E. n

Quelques médecins ont attribué à la méme cause, et ont appelé seconde consomption dorsale d'Hippocrate, une maladie qu'il décrit ailleurs et qui a quelque rapport avec cette première. Mais

a conservalion des forces, qu'il spécifie particu-

lièrement, me paraît une preuve convaincante

que celte maladie ne dépend point de la méme cause que la première. Elle paraît plutót être une

affection rhumatismale.

« Ges plaisirs, dit CxisE, dans son excellent « livre sur là conservation de ]a santé, nuisent

(1) « Ces douleurs diminueront; mais il sentira un si grand froid dans les cuisses et dans les jambes , quoiqu'au tact ces parties paraissent conserver leur chaleur naturelle, qu'il se chauffera continuellement auprès du feu, méme pendant les plus grandes chaleurs de l'été , et. ce froid. sera accompagné de douleurs dans les membranes méme du cerveau, douleurs qu'il fera comprendre enles qualifiant d'ardeur sèche. Et, en effet, il y sentira comme un feu qui brülera continuellement en dedans les parties les plus nobles de son organisation. » © © e Livresans titre.

« toujours aux personnes faibles, et leur fréquent « usage affaiblit les forces. » !

L'on ne peut rien voir de plus effrayant que le tableau qu'An£rT£ nous a laissé des maux produits par une trop abondante évacuation de semence. . € Les jeunes gens, dit il, prennent et l'air et les

« infirmités des vieillards; ils deviennent pâles, « efféminés, engourdis, paresseux, láches, stu- « pides, ct méme imbéciles; leurs corps se cour- « bent, leurs jambes ne peuvent plus les porter; « ils ont un dégoût général, ils sont inhabiles à « tout; plusieurs tombent dans la paralysie.» Dans un autre endroit, il met les plaisirs de l'amour dans le nombre des six causes qui produisent la paralysie. |

GALIEN a vu la méme cause occasionner des maladies du cerveau et des nerfs, et détruire les forces; et il rapporte ailleurs. qu'un. homme, qui n'était pas tout-à-fait guéri d'une violente maladie, mourut la méme nuit qu'il paya le tribut conjugal à sa femnie. .

Pine , le naturaliste , nous apprend que Gornclius-Callus, ancien préteur, et Titus Etherius, chevalier romain; moururent dans l'acte méme du coit. |

« L'estomac se dérange, dit Agrius, tout le « corps s’affaiblit, l’on tombe dans la pâleur, la « maigreur, le desséchement, les yeux se ca- « vent (1). » FER

(1) On lit à ce sujet dans le Livre sans titre :

* L'estomac, à tort agité, insensiblement se débihte; à une chaleur agréable, effet d’une première secousse , succède une sensation de froid et de langueur qui semble inviter aux nourriiures,

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- Ces témoignages des anciens les plus respectables, sont confirmés par ceux d'une foule de modérnes. SANCTORIUS, qui a examiné avec le plus

grand soin toutes les causes qui agissent sur nos corps, a observé que celle-ci affaiblissait l'estomac, ruinait les digestions , empéchait l'insensible tran---

spiration, dont les dérangements ont des suites si fà-

cheuses, produisait des chaleurs de foie et de reins,

disposail au calcul, diminuait la chaleur naturelle, et entraînait ordinairement la perte ou l'affaiblissement de la vue.

- Louniüs, dans ses beaux Commentaires sur les passages de CELSE, que J'ai cités, appuie le témoignage de son auteur par ses propres observations. «Les émissions fréquentes de semence, re- & Jáchent, dessèchent, affaiblissent, énervent et « produisent une foule de maux, des apoplexies, « des léthargies, des épilepsies, des assoupisse- « ments des pertes de vue, des tremblements, des

m paralysies , des spasmes, el toutes les espèces

« de gouttes les plus douloureuses. »

L'on ne lit point sans horreur la description que nous a laissée TurPivs, ce célèbre bourguemestre

aux boissons stimulantes; l'irritation redouble, et l'habitude de guérir un premier malaise par des excitants trop énergiques , amène un «tat morbide toujours plus fácheux. /

Si l'on considére que l'estomac est un des premiers organes farmés en nous ; si l'on réfléchit à l'importance des fonctions qui lui sont attribuées dans l'économie animale, à ses rapports intimes avec tout | organisme, on pressentira sans peine à quels dé— sordres peutle livrer une manie perverse. Dansun grand nombre

. de maladies, lorsque plusieurs organes sont souffrants ; c'est par :Festomac que le dérangement a commencé, c'est l'estomac qui .est devenu le mobile de la majeure partie des phénomènes mor-

hides qui se présentent, »

et médecin d'Amsterdam. « Non-seulement, dit-il, « la moelle de l'épine maigrit, mais tout le corps « et l'esprit languissent également; l'homme périt « misérablement. Samuel Vespertius fut attaqué « d'une fluxion d'une humeur excessivement ácre, « qui se Jela d'abord sur le derriere de la téte et « de la nuque; elle passa de là. sur l'épine, les « lombes, les flancs, et l'articulation des cuisses; « et fit souffrir à ce malheureux des douleurs si € vives, qu'il devint tout- à-fait défiguré , et tomba « dans une pelile fièvre qui le consumait, mais « pas assez vile à son gré, et son état élait tel, « qu'il invoqua plus d'une fois la mort avant qu’elle « vint l'arracher à ses maux, » !

Rien , dit un célèbre médecin de Louvain , n'affaiblit autant , n'abrége autant la vie. |

Brawcuamp a vu des gonorrhées simples, des consomptions, des hydropisies qui dépendaient de celte cause ; et Muys à vu un homme, encore d'un bon âge, attaqué d'une gangrène spontanée du pied , qu'il attribua à des excès vénériens.

Les Mémoires des curieux de la nature parlent d'une perte de vue : l'observation mérite d’être rapportée en eatier. « L’on ignore, dit l'auteur, « quelle syipathie les testicules ont avec toul le « corps, mais surtout avec les yeux.» SALMUTH à vu un savant hypocondriaque devenir fou, et un autre homme se dessécher si prodigieusement le cerveau, qu'on l'entendait vaciller dans le crâne : l'un et l'autre pour s'être livrés à des excès du méme genre. J'ai vu moi-méme un homme de cinquante-neuf àns, qui, trois semaines aprés avoir épousé une jeune femme, tomba tout-à-coup dans

16 L'ONANISME, laveuglement , et mourut au bout de quatre moi (1). ° Mu | | « La trop grande dissipation des esprits animaux

x affaiblit l'estomac , Ôte l'appétit; et la nutrition « n'ayant plus lieu, le mouvement du cœur s'affai- « blit, toutes les parties languissent, l'on tombe « méme dans l'épilepsie. » Nous ignorons, il est vrai, si les esprits animaux et la liqueur génitale sont la même chose; mais l'observation nous a appris, comme on le verra plus bas, que ces deux fluides ont une très grande analogie, et qne la perte de l'un ou de l’autre produit les mêmes maux. HorruANN a vu les plus fácheux accidents suivre la. dissipation dela semence. « Aprés de longues pol-

(1) Dans le train ordinaire du monde, des yeux où se peignent la franchise, la candeur, la bonne foi, et dont l'expression est douce, quoique vive et pleine d'intelligence,, parlent dés l'abord à notre avantage, nous gagnent la confiance des autres, et ou- vrentà nos paroles la voie du cœur.

« Le jeune homme que nous connaissons jouissait de cet heureux privilége ; on ne pouvait porter la vue sur lui, sans être doucement ému , attiré. On l'aimait avant de le connaitre , parce qu'il y avait Gaus son regard un langage auquel les âmes honnêtes ne résistaient pas. Maintenant, une aflection opinidtre et cruelle s'est fixée sur ces organes : des ulcérations se montrent déjà , qui entrainent la chute des cils; enfin, le tissu tout entier des paupiéres participe à l'inflammation ; et il est difficile, il est presque impossible d'écarter l'une de l'autre.

« Il ne peut essayer ‘de mouvoir l'oeil et les paupières, sans éprouver de grandes douleurs ; heureux encore , quand l'organe ainsi affecté répand une quantité énorme de larmes , presque toujours ácres et mordicantes, mais dont l'écoulement annonce une phlegmasie moins intense et moins concentrée ! Une ample sécrétion de matiére ténace et verdátre s'agglutine autour de ses cils pendant la nuit, et y forme une croûte épaisse qui ne lui permet plus d'ouvrir les yeux aussitôt qu'il s'éveille. » ; IEREEYU! e (Le Livre sans titre.)

L'ONANISME, | ss TM « hiobis: nosturnes , dit-il, non-seulement les t forces se perdent , le corps maigrit, le visage € pâlit, mais de plus la mémoire s s'affaiblit , une « sensation continuelle de froid saisit tous les mem- & bres; la vue s'obscurcit, la voix devient rauque; « tout le corps se détruit peu à peu; le sommeil, « troublé par des rêves inquiélants, ne se répare « point : et l'on éprouve des douleurs semblables « à celles qu'on ressent après qu'on a élé meurtri « par des coups. »

Dans une consultation pour un jeune honime qui, entre autres maux, s'était attiré, par la masturbation, une faiblesse totale des yeux, il dit: t Qu'il a vu plusieurs exemples de gens qui, . * méme dans l’âge fait, c'est-à-dire, quand le corps « jouit de toutes ses forces, s’élaient attiré non- « seulement des rouseurs et des douleurs extréme- € ment vives dans les yeux , mais encore une si * grande faiblesse de vue , qu'ils ne pouvaient lire € ni écrire quoi que ce soit. J'ai méme vu, ajoute- € t-il, qe gouttes sereines produites par cette «cause. » ‘L'on verra .avec pus l'histoire « même de la maladie qui donna lieu à cette con- « sultation. « Un j jeune homme s'étant livré à la « mastarbation à l’âge de quinze ans, el e «exercée très fréquemment jusqu'à vingt-trois, « tomba, pendant cette période, dans une si grande « faiblesse de tête et des yeux, que souvent ces « derniers étaient saisis de violents spasmes dans « le temps de l'émission de la semence. Dès qu'il « voulait lire quelque chose, 1l épronvait un étoüre « dissement semblable à celui de l'ivresse : la pu- « pille se dilata extraordinairement ; il souffrait

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