‹ L'onanisme; ou dissertation physique sur les maladies produites par la masturbationChapitre 21 sur 23 · ERA · texte numérisé non relu

ERA

ue |o LONANISME. :

humeurs, telles sont la sueur et la transpiration,

qui abandonnent le:corps au moment où elles sont. séparées des autres humeurs, et expulsées des vais». seaux de la circulation, Il en est d’autres , telle est

l'urine, qui ; après celte séparation et celte expulsion, sont retenues pendant un certain temps dans des réservoirs destinés à cela, et dont elles ne sortent que quand elles sont en assez grande quantité. pour -exciter sur ces réservoirs une irritation qui les. force mécaniquement à se vider. Il en est de troisièmes qui sont séparées et retenues, comme Îles. secondes, dans des réservoirs, non point dans la vue d’être du moins entièrement évacuées, mais pour acquérir, dans ces réservoirs, une perfection qui les rend propres à de nouvelles fonctions, quand elles rentrent dans la masse des humeurs. Telle est , entre plusieurs autres, la liqueur géni-tale. Séparée. dans les testicules , elle passe de [à dans un canal assez long, dans les vésicules sémi«

. pales , et est constamment repompée par les vaisseaux absorbants, et, de proche en proche, rendue.

à: la masse totale des humeurs. C’est ane vérité que. l'on. démontre par bien des preuves : une seule

suffit. Dans un homme sain, la séparation de cette.

liqueur se.fait continuellement dans les testicules; elle: se rend dans ces réservoirs, dont l'étendue est très bornée, et ne peut pent-être pas en contenir

tout ce qui se sépare dans un jour : cependant il est

des hommes continents qui n'en évacuent point pendant des années entières. Que deviendrait-elle si elle ne rentrait pas continuellement dans les vais-

'seaux de la circulation? rentrée qui est extréme-

. ent facilitée par la structure de tous les organes -

L'ONANISMFe — .— Ü pA

qui servent à la séparation, à la route et à la conservation de cette humeur. Les veines y sont beaucoup plus considérables que les artères, et cela dans une proportion qui ne se troüve point aussi grande ailleurs. Aussi il est probable que ce repompement. ne se fait pas seulement dans les vésicules séminales, mais qu'il a déjà lieu dans les testicules, daus les épidémes, qui sont une espèce de premier réservoir adhérent aux testicules, et dans le canal déférent , qui est celui par lequel la semence va du testicule à la vésicule séminale.

"GaziEN avait su que les humeurs s’enrichissent de la semence retenue , quoiqu'il en ignorât le mé- . Canisme. « Tout en est plein, dit-il, chez. ceux € quine commerceut pas avec les femmes; l'on . € n'en trouve point chez ceux qui se livrent souvent € à ce commerce. » Ils se donnent. ensuite beaucoup, de peine pour découvrir comment une petite quantité de cette humeur p:ut donuer.autant de force au corps; enfin. il décide, «qu'elle est d’une & verlu exquise, et qu'ainsi elle peut communi- « quer très prointement de.sa force à toutes les « parties du corps.» Il! prouve ensuite, par plusieursexemples, qu'une petite cause produit souvent de-grands effets, et conclut ainsi : « Est-il « donc étonnant que les testicules fournissent uñe t liqueur propre à répandre une nouvelle vigueur & sur tout le corps? Le cerveau produit bien leg ' « sensations et les mouvements, et le cœur donne « aux artères la force de battre. ».— Je finirai cette section par rapporter ce que dit de la semence l'un des plus grands hommes de ce siècle, « La semence est gardée dans les vésicules

122 - L'ONANISME, | | « séminales jusqu'à ce que l'homme en fasse & usage, ou que les écoulemens nocturnes l'en. *« privent. Pendant tout ce temps-là, la quantité ‘ 4 qui s'y en trouve, excite l'animal à l'acte véné- « rien; mais la plus grande quantité de cette semence, la plus volatile, la plus odorante, celle qui a le plus de force, est repompée par le sang, etil y produit, en y entrant, des changements bien surprenants : la barbe, les poils, les cornes; elle change la voix et les mœurs, car l’âge ne produit pas dans les animaux de ces changements; c'est la semence seule qui les opère, et on ne les remarque jamais dans les eunuques.» - es ?

Comment la semence opère-t-elle ces effets?

& QAR RAA om Æ À A

C'est là un des problèmes dont la solution n’est

peut-être pas encore mûre. Ce qu'on peut cependant dire avec beaucoup de probabilité, c'est que cette liqueur est un stimulus, un aiguillon qui irrile les parties qu'il touche; son odeur forte, et lirritation évidente qu'elle exerce sur les organes de la génération, ne laissent aucun doute là-dessus, et l’on comprend que ces particules ácres étant continuellement repompées et remélées aux humeurs, aiguillonnent légèrement mais sans inter-

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qupuva, ico YaisseaUX , qui , par ia méme, $e Coniractent avec plus de force; leur action sur les fluides est plus efficace, la circulation est plus animée, la nutrition plus exacte; toutes les autres fonctions se font d'une manière plus parfaite:

| quand ce secours manque , plusieurs fonctions ne

. se développent jamais, c'est le cas des eunuques, ioutes se font mal.

L'ONANISME, à 179.

ll se présente ici une question assez naturelle; pourquoi les eunuques n'éprouvent pas les mémes maux que ceux qui s'épuisent par les débauches vénériennes? Il n'est guère possible de répondre exactement à cette question, qu'à la fin de la section suivante. MW

Examen des circonstances qui accompagnent l'émission.

ÎL y a plusieurs évacuations qui se font sans qu'on s'en apercoive: toutes les autres se font dans l'état de parfaite santé, avec une facilité qui fait qu'elles n'ont aucune influence sur le reste de la machine ; le plus léger mouvement dans l'organe qui en renferme la matière, suffit à l'expulsion, II n'en est pas de méme de l’évacuation du sperme.

Il ne faut rien moins que des ébranlemenis généraux, une convulsion de toutes les parties, une . augmentation de vitesse dans le mouvement de toutes les humeurs, pour la déplacer et lui donner issue. Est-ce trop hasarder de dire qu'on peut re. garder ce concours nécessaire de toute la machine au moment de son évacuation, comme une preuve sensible de l'influence qu'il a sur tout le corps? - Le coit, dit Déuocrirs , est une espèce d’épilepsie. « C’est, dit De Hazcer, une action très vio- « lente, qui est trés voisine de la convulsion, et « qui, par là méme, affaiblit étonnamment, et nuit « à tout le système nerveux. » L’on a vu, dans les

11, Ly

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49Á c | L'ONANISXE. :

observations que j'ai rapportées plus haut, et dans quelques-unes de celles que j'ai citées, l'émission accompagnée de vraies convulsions d'une espèce. d'épilepsie, et la, méme observation fournit les. preuves évidentes de l'influence que ces mouvements violents eurent sur la santé du malheureux qui en est le sujet. La promptitude avec laquelle l’affaiblissement suit l'acte, a paru à bien des gens, et avec raison , une preuve que ce ne pourait être la seule privation de semence qui l'occasionnait : mais ce qui.prouve démonstrativement;coinbien:le . spasme doit affaiblir, c'est. l'affaiblissement qu'és prouvent tous les malades qui ont des accès de maladies convulsives ; celui qui suit les: accès d'épilepsie est quelquefois excessif.

Ce p'est qu'au spasme qu'on peut attribuer l'effet … quele coi. produisit sur lelandamman d'une ville de: Suisse, dont F. PLamexus nous a conservé l'histoire, et qui s'étant remarié, déjà vieux, fut saisi, en voulant célébrer ses noces, d'une suffocation si: violente, qu'il fut obligé de cesser. Le même accident le reprit toutes les fois qu'il tenta le méme essai. Il s'adressa à une foule de charlatans : l'un lui promit, après lui avoir fait prendre plusieurs | remèdes, qu'il n'avait plus aucun danger à courir. Il hasarda une nouvelle tentative sur la parole de son Esculape :le succès en fut d’abord le méme; mais plein de confiance, 3l voulut aller jusqu'au bout, et mourut dans l'acte méme, entre les bras. de sa femme. | |

Les palpitations violentes qui aecompagnent quelquefois le coit, sont aussi un symptôme con- vulsif. Hippocrare parle d'un jeune homme. à qu

Tm "ONANISME. | E ! dés exeès en vin-et en femmes avaient occasionné, entre autres symplômes, des palpitations continuelles; et Dorxvus en a vu un saisi, dans l'acte méme, d'une palpitation si violente, qu'il aurait étouffé s'il avait persisté, L’on trouve dans HorrMANN d'autres faits semblables.

L'observation de l'enfant cité plus haut, est en« core une preuve qui n'a pas échappé à la sagacité de Rasr, du pouvoir de la cause convulsive, puisqu'à cet âge, il ne pouvait guère évacuer qu'une humeur dos prostates, et non point une véritable semence.

Ces remarques ont été saisies par le plus grand nombre des bons auteurs qui onl écrit sur cette matière. GALIEN paraît les avoir déjà faites. «La vo= « lupté elle-même, dit.il, affaiblit les force vitales,» Fleming n’a pas omis cette cause dans son beau poème sur les maladies des nerfs.

' Sawcronius établit. positivement que les mouvemens affaiblissent plus que l'émission du sperme, est-il bien étonnant que Gorrzn, son commentateur, ait cherché à persuader le contraire. La raison qu'il en donne, en assurant que ces mouvementis n ’affaiblissent pas plus que d’autres mouvements quelconque, parce qu "ils ne sont pas convulsifs, ne persuadera personne. Un exemple, s'il peut en citer un, ne fait pas loi. Lisrer, Nocuez, Quincy, qui ont commenté le méme ouvrage avant lui ne pensent pas comme lui, et ils MID dak une partie du danger à l’ affaiblissement que laissent les: convülsions. Le coit, dit Nocuez, est une convul- ‘sion; il dispose les nerfs aux mouvements. convul- 'sifs , et la plus légère oqfasion les fait naître,

|. J. B. Borezr, l'un des premiers créateurs de la physiologie, ne les avait pas envisagés comme Gorrer; il est positif sur cet article : « Cet acte « est accompagné d'une espèce d'affection convul- « sive, qui porte les plus rudes atteintes au cer- « veau et à tout le genre nerveux. »

. SENAG attribue positivement aux nerfs les faiblesses qui suivent le coit. La cause la plus vraisemblable de Ja syncope qui survint quand un abcès s'ouvre dans l'intérieur de l'abdomen, « c'est, « ditil, l'action des nerfs qui se mettent alors en « Jeu. Cela est confirmé par l'abattement ou par « la syncope qui suivent l'effusion du sperme, car « ce n'esl qu'aux nerfs qu'on peut imputer cette « défaillance. » E |

Lewis attribue plus à cette cause qu'à l'autre, ainsi que Sanctorius. à

Dès qu'il y a convulsion, le genre nerveux se trouve dans pn état de tension, ou plus exactement, dans un degré d'action extraordinaire dont la suite nécessaire est un relâchement excessif, Tout organe qu'on a monté au-dessus de son ton, retombe audessous; par là même , les fonctions qui en dépendent se font nécessairement mal; et, comme les nerfs influent sur toutes, il n’en est point qui n'éprouve quelque dérangement, quand ils sont affaiblis. | is | |

Une raison qui contribue aussi à l'affaiblissement du genre nerveux , c'est l'augmentation de la quantité du sang dans le cerveau pendant l'acte vénérien , augmentation bien démontrée et qui est allée plusieurs fois jusqu'à produire l'apoplexie : : l'on en trouve plusieurs exemples dans les obser-

-L’ONANISME, Usi vateurs , et HOFFMANN rapporte celui d'un soldat qui, se livrant à cet acte de fureur, mourut apoplectique dans le coit même : l'on trouva le cer- veau plein de sang. C’est par cette méme augmentation de sang , qu’on explique pourquoi ces excès produisent la manie. Cette quantité de sang distendant les nerfs, les affaiblit; ils résistent moins aux impressions, et c’est ce qui fait leur faiblesse.

En réfléchissant sur les effets de ces deux causes, l'évacuation de la semence et les mouyements convulsifs; il est aisé d'expliquer les désordres qui doivent en résulter dans l'économie animale. L'on peut les ranger sous trois classes : la dépravation des digestions, l'affaiblissement du cerveau et du genre nerveux , le dérangement de la transpiration. L'on verra qu'il n'est aucune maladie chronique qu'on ne puisse déduire de cette triple cause.

Le relâchement dans lequel ces excès jettent, -dérange les fonctions de tous les organes, dit un des auteurs qui a le mieux écrit sur la diététique et la digestion , la coction , la transpiration , les autres évacuations ne se font plus comme il faut; d’où il résulte une diminution sensible des forces, de la mémoire et même de l’entendement ; un obscurcissement dans la vue, tous les maux de nerfs, toutes les espèces de gouttes ou de rhumatismes , une faiblesse étonnante dans le dos, la consomp- - tion, la faiblesse des organes de la génération, des urines sanglantes, un dérangement dans l'appétit, des maux de tête et un grand nombre d'autres maladies qu'il est inutile de détailler ici; en un mot, rien n'abrége tant la vie que l'abus des plaisirs del'amour. — P VER

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a s - L'ONANISME.

19 L'estomac est la partie quise ressent là pre- 3nmiére de toutes les causes qui affaiblissent , et cela, parce que c'est celle dont les fonctions de- : mandent la plus grande perfection dans l'organe. La plus grande partie des autres sont autant passi» -— Yes qu'actives : l'estomac est presque entiérement actif; aussi, dès que ses forces diminuent, seg fonctions se dérangent: vérité d'observation, qui, jointe à la suivante et à la variété des impressions ‘premières el souvent fâcheuses, que ce qu'on avale |. produit sur ce viscère, rend raison de la fréquence, . de la bizarrerie et de l'opiniátreté de ces maladies, ]l est de toutes les parties du corps, l'une de celles qui reçoit le plus grand nombre de nerfs, et dans ^ laquelle, par là. même, il se distribue une plus grande quantité d'esprits animaux. Ce qui affaiblit action des uns et diminue la quantité ou altère la qualité des autres, doit donc diminuer la force de ce viscère plus que d'aucun autre; et c'est ce qui arrive dans les excès vénériens. L'importance de la fonction à laquelle il. est destiné, fait que dès qu'elle se fait moins bien, toutes les autres s'en: ressentent. À Dès que les digestions se font imparfaitement, les humeurs prennent un caractère de crudité qui les rend impropres à toutes leurs destinations, | mais qui empéche surtout la nutrition, dont dépend. . la réparation des forces. ll suffit, pour s'assurer — de l'influence générale de l'estomac, d'observer. l'état d'une personne qui éprouve une digestion Ja- borieuse : les forces se perdent dans quelques mi. putes, un malaise général rend: la faiblesse: plus àcharge, les organes des sens s’émoussent, l'áme

7 L'ONANISME. OO A ‘même n'exerce ses facultés qu'imparfaitement , la mémoire , et surtout l'imagination , paraissent anéanties; rien, en un mot, ne rapproche plus un homme d'esprit d'un sot, qu'une digestion pénible.

Une belle observation, rapportée par Payva, médecin portugais, habitué à Rome, répand un grand jour sur l'affaiblissement prodigieux dans lequel les excès de ce genre jettent l'estomac. —

« Quand les désirs vénériens, dit-il, sont montés « chez les jeunes gens à leur plus haut degré , ils « éprouvent une espèce de sensation agréable à « l'orifice de l'estomac: mais, s'ils satisfont ces « désirs avec trop d'impétuosité et au-delà de leurs « forces, ils éprouvent dans ce méme endroit une .« sensation extrémement désagréable et fâcheuse « qu'ils ne peuvent pas exprimér,-et ils paient « bien chérement leurs excès par la maigreur, le « maräsme , ete., dans lequel ils tombent, »

Anxrrik avait déjà connu celte vérité, et Bozn-

maavz emploie les mêmes expressions que Payva : Il ajoute que ce sentiment douloureux se dissipe à niesure qu'ils reprennent leurs forces : il confirme la méme chose ailleurs , en y joignant une règle de pratique très utile; c'est que, quand il survient des accès d'épilepsie après des exces vénériens, il faut penser à fortifier les nerfs de l'estomac. i 9? La faiblesse du genre nerveux, qui dispose — — toas les accidents paralytiques spasmodiques, est produite, comme je l'ai déjà dit, par les mouve- .. - ments convulsifs qui accompagnent l'émission; en — A second lieu, par le vice des digestions : dès qu'elles : = pèchent, les nerfs s'en ressentent d'autant plus, que le fluide qui les pénètre, étant le dernier ou- je

Ses LE

pss 7 L'ONANISME.

vrage de la coction , celui qui la suppose la plus parfaite, quand elle est altérée, il est celui des

fluides animaux qui en est le plus sensiblement affecté, celui sur lequel la crudité des humeurs a le plus d'influence. Enfin, ce qui augmente cet af- faiblissement , c'est l’évacuation d'une humeur

analogue aux esprits animaux, et qu'à raison de. cette analogie, on ne peut point évacuer sans diminuer la force da genre nerveux, dont les doutes modestes de quelques grands hommes, qui n’osent affirmer en physique que ce dont la vérité tombe sous leurs sens , et les objections de quelques physiologistes subalternss ou systématiques , ne m'empéchent pas d'attribuer la force à ces esprits. D'ailleurs, indépendamment du dommage qui ré-

. sulte de cette évacuation, relativement à la quantité d'esprits animaux, elle nuit , en ce qu'elle prive

les vaisseaux de ce léger aiguillonnement que produit le sperme repompé , et qui contribue si fort à la coction. Elle nuit donc, et en soustrayant une partie d'esprits animaux, ou au moins d'une humeur irés précieuse, et en diminuant la coction sans laquelle ces esprits ne sont préparés qu'impar- faitement et insuffisamment.

Il y a, entre les maladies de l'estomac et celles des nerfs, un cercle vicieux. Les premières font naí- |. tre les secondes , et celles-ci une fois formées, contribuent infiniment à les augmenter. Quand l'ob- servation journalière ne le prouverait pas, la seule inspection anatomique de l’estomac suffirait pour en convaincre. La quantité des nerfs qui s'y distribuent , démontre combien ils sont nécessaires à ses fonctions, et combien, par là méme , elles doi-

vent être dérangées quand ils ne sont pas en bon F6. |

9* Enfin, la transpiration se fait moins bien.

SANCTORIUs a méme déterminé la quantité dont elle.

diminuait ; et cette évacuation, la plus considérable de toutes, ne peut pas être supprimée qu'il n'en ésulte une foule de sympiômes différents.

L'on comprend aisément qu'il n'est point de ma«

. ladies qui ne peuvent être produites par cette triple . cause. Je n'entrerai pas dans l'explication de tous les symptómes particuliers ; ce détail prolongerait trop ce petit ouvrage, et n'intéresserait que les mé-

. decins auxquels il est inutile; et l'on peut voir ce

qu'en dit Gonrz.

Czirron WiwTnINCHAM à très bien détaillé les dangers de cette éracuation , relativement aux goutteux, et son explication mérite d’être lue.

. . Feu Gunmzivs, enlevé à la médecine à la fleur de . son âge, a donné une explication mécanique trés ingénieuse des inconvénients de ces excès, relativement à la respiration ; il parle, dans cet endroit, d'un homme qui s'était attiré, par là, une toux . continuelle , symplóme que j'ai vu chez un jeune

homme qui mourut victime de l'Onanisme. Il était venu à Montpellier pour faire ses études ; ses excès dans cette infamie le jetérent dans l'éthisie, et je me rappelle que sa toux était si forte et si continuelle, que tous ses voisins en étaient incommodés. On lesaigna fréquemment, dans la vue, sans doute, d'abréger ses souffrances. Une consultation lui ordonna d'aller prendre les bouillons de tortue chez ui (il était, si je ne me trompe , Dauphinois ), et

T» us

Jui promit une guérison complète. 1I mourul deux

heures après. | Ce qu on comprend le moins aisément, ou plutôt

.ce qu'on ne comprend point du tout, c'est cet af-

faiblissement prodigieux des facultés de l’âme. La - solution dé ce probième tient à la question , insos ]uble pour nous, de l'influence des deux substances: l'une sür l'autre, et nous sommes réduits à l'observalion des phénomènes. Nousi ignorons et la nature de I esprit et celle du corps; mais nous savons que ces parties de l'homme sont intimement unies, que tous les changements que l'une éprouve sont ressentis par lautre; une circulation un peu plus ou moins vite, un seng un peu plus ou moins épais , quelques onces d'aliments de plus ou de moins, la méme quantité d'un aliment plutót que d'un autre, une tasse de café au lieu d'un peu de vin, un sommeil plus cu. moins long ou tranquille, une selle plus ou moins abosdidàntb- une transpiration trop forte ou trop faible, changent du tout au tout notre façon de voir et de juger les objets : d’une heure # l'autre, les révolutions de la machine nous font sentir et penser très différemment, et nous font, à leur gré, de nouveaux principes de vices et de ver-lus, tant sont vrais les vers du premier satirique moderne : ; |

Tout, suivant l'intellect , change d'erdrd et de rang,

Ainsi c'est la nature et l’humeur des personnes,

Et non la quantité, qui rend les choses bots m

C'est un mal bien étrange au cerveau des humains. -

Tant est exact le tableau que verser a: tracé de

celte union intime.

L'observation nous apprend igülcilónt que , de

Ix L'ONAKISME, — 163:

toutes les maladies, il n'y en a point qui affecte

l'áme plus promptement que celle du genre nerveux:

les épileptiques qui, au bout de quelques années,

tombent presque ordinairement dans l'imbécillité , en fournissent.une triste preuve, qui en méme temps nous apprend qu'il n'est point étonnant si des actes qui, comme on l'a dit plus haut, sont toujours légèrement épileptiques , produisent cet affaiblissement du cerveau, et par là même des facultés. - | | |

- L'affaiblissement du cerveau et du genre nerveux

est suivi de celui. des sens, et cela est naturel. Sanc- -

.gonrus, HorruaNs, et quelques autres. ont cherché à expliquer pourquoi la vue souffrait plus particus .iécement; mais leurs raisons, qui sont vraies, ne me paraissent pas suffisantes. Les ; principales , et celles qui sont particulières à cet organe, sont la multitude des.parties:qui composent l'œil, et qui étant toutes susceptibles de différents vices, le rendent infiniment plus sujet à des dérangements que les anires. Les n«cifs, en second lieu, servent ici à plusieurs usages, et sont en très grand nombre, Enfin, cet afflux d'humeurs snr cette partie pendant le temps de l'acte, afflu« dont la scintillition qu'on aperçoit alors dans les yeux des animaux forme une preuve sensible, produit, dans les vaisseaux, d'abord une faiblesse, et ensuite des engorgements, dent la perte de la vue est uné suite né- Cessaire, P

Il est aisé actuellement de répondre à la question

proposée plus haut : pourquoi les eunuques, qui

n'ont point de semence, ne sont ils pas exposés aux :

maladies que nous venons de décrire ? ; "RENI

Il y en à deux raisons trés suffisantes. La pre-mière, c'est que, s'ils ne retirent pas les avantages. que produit cette liqueur, quand elle a été préparée et repompée, d'un autre côté, ils ne perdent point cette partie précieuse du sang destinée à devenir semence. Ils n'éprouvent pas ces changements qui sont dus à la semence préparée, et que j'ai indigués plus haut; mais ils ne doivent pas non plus étre exposés aux maux qui viennent de la privation de celte humeur non préparée. L'on pourrait, si l'on veut me permettre d'employer les termes des métaphysiciens, distinguer la semence en semence à faire, semen in potentiá ; c'est cette partie précieuse des humeurs que les testicules séparent : et semence fatte , semen in actu. Si la première ne se sépare pas, la machine manque des secours qu'elle retire de la semence préparée, et n’éprouve point les changements qui en dépendent ; mais elle ne s'appauvrit pas, elle n'ácquiert pas, mais elle ne perd pas ou reste dans l'état d'enfance. Quand la semence se sépare et s'évacue, c'est alors une privation , un appauvrissement réel. La seconde rai-son, C'est que les eunuques n’éprouvent point ce spasme auquel j'ai attribué une grande partie des Maux qui suivent ces excès. : |

Les accidents qu'éprouvent les femmés s'expliquent.lout comme ceux des hommes. L'humeur qu'elles perdent étant moins précieuse, moins travaillée que le sperme de l'homme, sa perte ne les affaiblit peut-étre pas aussi promptement; mais, quand elles vont jusqu'à l'exces, le genre nerveux étant plus faible chez elles , et naturellement plus disposé au snasme, les acccidents sont plus violents.

Doro:

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