‹ L'onanisme; ou dissertation physique sur les maladies produites par la masturbationChapitre 4 sur 23 · SECTION II · texte numérisé non relu

SECTION II

Observations communiquées.

JE de suivrai d'autre ordre que celui des dates de réception. J'ai vu, me dit mon illustre ami Zim- MERMANN, un homme de vingt-trois ans, qui devint épileptique , aprés s'étre affaibli le corpspar de fréquentes maslurbations, Toutes les fois qu'il avait des pollutions nocturnes, il tombait dans un accès d'épilepsie parfait. La méme chose lui arrivait après les masturbations, dont il ne s 'abstenait point malgré les doc feo et tout ce que l'on pouvait lui dire. Quand l'accés était passé, il éprouvait des douleurs trés fortes aux reins et autour du coccyx. Cependant ayant enfin cessé cette manœuvre pendant quelque temps, je le guéris des pollutions, et j'espérai méme de le guérir de l'épilepsie , dont les accès avaient déjà disparu. Il avait repris les forces, l'appétit, le sommeil et une trés belle couleur, aprés avoir ressemblé à un cadavre. Mais étant revenu à ses masiurbations , qui étaient toujours suivies d'une altaque, il eut enfin les accès dans les rues même, et on le trouva mort un matin dans sa chambre, tombé hors de son lit, et baigné dans

son sang (1). Qu'on me permette ici üne question: qui se pfésenta à moi, quand je fis cette observation : ceux qui se Luent d'un coup de pistolet, qui se noient volontairement, ou qui s’égorgent, sontils plus coupables de leur mort, sont-ils plus suicides que cet homme-ci ? sans entrer dans le détail,

(1) Nous empruntons au docteur Doussin-Dubreuil l'observation suivante, faite sur une jeune fille de dix huit ans :

« Déjà depuis plus d'un an, les parents de:cette jeune fille s'apercevalent que sa santé s'altérait de jour en jour ; qu'elle avait perdu la gaîté ordinaire, et qu’elle fuyait la société qui avait autrefois tant d'attraiis pour elle; mais comme ils étaient loin de soupconner la cause d'un pareil changement, et qu'ils pensaient que la nature prendraitle dessus , ils n’ont songé à m'appeler que: lorsque l’état de leur enfant s'est trouvé avoir acquis un caractére grave ; quand je lai vue pour la première fois, elle venait d'avoir une forte attaque de nerfs, je lui trouvai la figure d £composée, plusieurs vaisseaux. étaient 1nfiltrés , ses yeux étaient hagards , elle s'était mordu la langue, elle bavait encore, ce qui me porta à croire qu'elle venait d'éprouver un accès d'épilepsie. Comme on m'assura qu'elle n'avait jamais eu ni frayeur, ni chagrin, nr aucune espèce de contrainte, toutes mes pensées se dirigèrent sur une certaine habitude, que contractent malheureusement trop de jeunes personnes ; je fis part de mes soupçons à sa famile, qui m'autorisa à lui faire les questions nécessaires pour savoir d'elle la vérité; à la première que je lui fis, elle rougit, baissa les yeux , et aprés quelques instances elle m'apprit qu'une de ses amies lui avait fait connaitre ce que, me dit-elle , elle aurait voulu avoir toujoursignoré ; lorsque je l'engageai à se défaire . de. cette. abominable habitude (telle est. l'expression dont je me servis), elle me répondit d’un, ton ferme que c'était impossible, qu’elle s'attendait bien à en périr, mais que la crainte méme de la mort ne saurait Py faire renoncer; aussitôt que son père et sa mére furent instruits de ce que je venais d'apprendre, ils fondireut en larmes et allérent se jeter aux pieds de leur enfant , en lui demandant par tout ce qu'il y avait de plus sacré, de rejeter avec horreur des désirs qu'elle ne pouvait satisfaire qu'aux dépens de sa . Vic; mais hélas, le mal avait fait de si grands progrès que peu de jours aprés elle mourut, en ma présence, d'une véritable attaque d'épilepsie. »

mon ami ajoute qu i en connaít un autre qui est dans le même cas; j'ai appris depuis qu' il avait fini de la méme mauière. J'ai connu, c'est encore ZiwwERMANA qui parle, un homme d’un très beau génie, et d'un savoir presque universel , à qui de fréquentes pollutions avaient fait perdre toute l'activité de son esprit , el dont le corps était exactement dans l'état de celui du malade qui consulta BoxnnAAvE, ei que je rapporterai ailleurs.

Je dois les deux faits suivants à Rasr le fils, célèbre médecin de Lyon , avec qui j'ai eu le plaisir de passer quelques mois à Montpellier. Un jeune homme de Montpellier, étudiant en médecine, mourut par l'excès de ces sortes de débauches. L'idée de son crime avait tellement frappé son esprit, qu'il mourut dans une espèce de désespoir, croyant voir l'enfer ouvert à ses côtés, prét à le recevoir. Un enfant de cette ville, ágé de six à sept ans, instruit, je crois, par une Bobvamti , se pollua si souvent, que la fièvre lente qui survint l'enleva bientôt. Sa fureur pour cet acte était si grande, qu'on ne put l'en empécher j jusqu'aux derniers jours de sa vie, Lorsqu'on lui représentait qu il hátait sa mort, il se consolait en disant qu'il irait plutôt trouver son père, mort depuis quelques mois.

Mrece, célèbre médecin de Bâle, connu dans le monde savant par d’excellentes dissertations, et à qui sa patrie a I obligation de l'inoculation , qui al continue avec autant de succès que d'habileté , m'a communiqué une lettre du professeur Srrusu, nom cher aux lettres, dans laquelle j'ai trouvé quelques observations intéressantes et utiles. J'en réserve quelques-unes pour la suite de cet ouvrage,

où elles seront mieux placées : c'est ici le lieu des autres. Le fils de M***, âgé de quatorze à quinze ans, est mort de convulsions et d’une espèce d'épilepsie, dont l'origine venait uniquement de la masturbation, il a été traité inutilement par les médecins les plus expérimentés de notre ville. Je connais aussi une jeune demoiselle de douze à treize ans, qui, par celte détestable manœuvre, s'est alliré une consomplion avec le ventre gros et tendu, une perte blanche et une incontinence. d'urine. Quoique les remèdes l'aient soulagée , elle languit toujours, et je crains des suites funestes (1).

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