‹ L'oncle BaptisteChapitre 29 sur 59 · LE BARON, ARTHUR, DUPONT, BENOIT, EMMA · texte numérisé non relu

LE BARON, ARTHUR, DUPONT, BENOIT, EMMA

DUPONT, s'arrêtant au fond avec Benoit.

Vous dites qu'on a déjà présenté hier pour soixante mille francs de traites?

BENOIT

/ Soixante-quatre mille.

DUPONT

Avec l'argent qui doit être payé aujourd'hui par la maison Duroc, nous ferons face à tout?

BENOIT

S Oh ! oui, monsieur.

DUPONT

C'est bien , allez le toucher sur-le-champ.

BENOIT

J J'y vais. (Il sort.)

DUPONT, apercevant le baron.

Oh! monsieur le baron...

le baron, se levant et allant vers Dupont. * Eh! je vous demandais, mon cher monsieur de Pont...

DUPONT

Pardon, j'ai été retenu ; mais j'espère que ma fille m'a remplacé...

LE BARON

On ne reçoit pas avec plus de grâce...

DUPONT

Vous avez été bien matinal aujourd'hui , Arthur.

ARTHUR

Quoi ! vous m'avez vu ?

A cinq heures, au jardin... j'étais dans mon cabinet.

LE BARON

Si tôt?

DUPONT , souriant.

Oh! c'est que nous ne sommes pas libres de nos inslans comme M. le baron.

LE BARON

Je sais, je sais... mais c'est bien ; il faut s'occuper... C'est ce que je dis toujours quand j'entends Anliiir, le I aron, Dup nt. Eouna.

L'ONCLE BAfTISTI

des gens se plaindre... Que diable, nies chers amis, occupez-vous...

AfU : C'est demain, voilà mon affaire. (Zoé.) Le peuple dans ce qu'il désire., Ainsi que nous doit se régler:

Nous consommons, lui doit produire; L'un pour l'autre il faut travailler ; L'un pour l'autre on doit travailler.

(A Dupont ) Cet avis n'est-il pas le vôtre ?

DUPONT

Oui ; mais, par malheur pour chacun , C'est que le peuple est toujours l'un, Et que vous êtes toujours l'autre.

EMMA, se levant et passant son bras sous celui de son père.

Oh ! du reste , mon père , lui , travaille trop. Il se lève tous les jours avant le soleil... Je suis sûre que ce matin il était encore occupé de sa nouvelle invention... son métier à filer le lin.

Que veux-tu?... quand on a là une idée... (Au baron.) Mais je crois être enfin arrivé à résoudre le problême.

ARTHUR

Ah ! cette dernière difficulté?...

DUPONT

N'en était pas une. Je ne comprends pas comment cela m'avait échappé : je change l'inclinaison des cardes...

Arthur, frappé.

Eh! mais... en effet...

DUPONT

Je les ouvre sur un angle de quarante-cinq degrés, et les tractions se font en proportion des résistances...

LE BARON

C'est évident!... vous fermez...

DUPONT

Non !... j'ouvre.

Ah !.

LE BARON

oui... cela revient absolument au même... Vous ouvrez les cardes sur un angle de soixante-cinq...

DUPONT

Quarante-cinq degrés...

LE BARON, s'embrouillant.

De quarante-cinq degrés... et les... résistances... qui... se faisant... à cause des tractions.. .je comprends parfaitement !... c'est superbe!... Mais savez-vous que nous avons voté une prime de cinquante mille francs pour le premier fabricant qui établirait de ces métiers dans noire département?

EMMA

Cinquante mille francs! mon père...

Dl pont, souriant.

Si je réussi?, ce sera la dol.

LE BARON

Mais cela ne snllil pas, il faut que le gouvernement reconnaisse un tel service rendu au pays; il faut que vous soyez décoré...

ARTill «.

Au fait. .

Dlfll.NT.

Moi ?...

LE BARON

J'y tiens ; si ce n'est pas pour vous, ce sera pour moi. Vous allci élre de nia famille... el je parlerai pour vous, monsieur de Pont.

ARTIllR, bas.

Dupont...

LE BARON, bas.

Plait-il ?

ARTIll R , bas et appuyant sur les syllabes. Dupont.

LE PARON, bas.

Non, de Pont ; j'aime mieux cette prononciation- 1 ... (Haut.) Le gouvernement ne peut pas cire ingrat envers vous.

Dl'PONT.

Aussi m'a-t-il témoigné sa bienveillance par deux commandes...

LE BARON

Considérables?;.;

r.MMA, vivement.

Deux ccnfnille francs de bénéfices... certains I... DL'PONT, voulant la faire taire.

Emma...

ARTIllR.

Vous nous l'avez dit vous-même...

LE BARON

Deux cent mille francs?... mais c'est une charmante industrie cela!. . comment donc , je veux voir vos ateliers... vos ouvriers... ces braves ouvriers avec quoi l'on gagne tout cela I... DUPONT.

Je vais vous conduire...

LE BARON

Du tout, vous avez des affaires, restez. Oh 1 j'ai déjà causé avec voire contn.-nu.Mre, c'est un garçon intelligent... et respectueux... il m'expliquera toutes vos machines. (Se ravisant.) Mais, pardon... il n'y a pas de danger qu'elles éclatent, au moins?...

Dupotrr.

Nullement...

LE BARON

J'y vais, alors... je veux prouver à ces braves ouvriers que la noblesse ne méprise pas l'industrie... Ml patte pris d'Emma.*) A loul à l'heure, ma tu-Ile... Restez donc, monsieur dé Pons... (Sortie.) RNSEMB1 ;:.

AIR nnuvi-aii (le M. Ili.rinille.

f > ii travail nous sommes amis, UonlromfluJ noue lympatbie.

' Arthur, Dupont, le luron, BOUM.

Il faut honorer l'industrie, Puisqu'elle honore le pays.

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