ARTHUR, DUPONT, EMMA
ARTHUR
Mon Dieu ! je suis heureux de me trouver seul un instant avec vous.
DUPONT
Pourquoi donc?
ARTHUR
C'est que depuis l'arrivée de mon oncle , je n'ai pu encore vous remercier de votre indulgence pour des idées... des façons... dont on pourrait se blesser...
DUPONT
Mon Dieu! qui n'a point ses faiblesses?...
ARTHUR
Ah! je me révolte parfois contre celles du baron; mais vous savez quels sacrifices exige la position de ma mère... Elle doit tout à mon oncle; l'aisance dont elle jouit , l'espoir d'un établissement pour ma sœur...
DUPONT
Ah ! vous avez raison, mon ami... tout doit céder à l'accomplissement d'un pareil devoir... et fallût-il y sacrifier nos plus chères espérances... EMMA, vivement.
Heureusement que c'est inutile... M. Arlhur n'aura rien ù sacrifier... ni vous non plus, mon père... je l'espère, au moins!...
DUPONT
Comment?
EMMA
Oh ! je sais ce qui vous a décidé à quitter Montais... vous avez préféré mon bonheur à l'amitié de mon oncle Baptiste !... Vous souffrez de n'avoir reçu aucune nouvelle de lui, depuis plus d'un an que nous habitons Paris?
DUPONT
Oui! c'est pour moi une douleur réelle.
EMMA
Eh bien!... j'ai idée qu'il me répondra, a moi. Dt POUX
Que veux-tu dire?... tu as écrit à mon frère?...
EMMA
M a ma tante ; je leur annonce que mon mariage va avoir lieu, et qu'aussitôt après, nous irons les voir à Montargis.
DUPONT
A Montargis?...
EMMA
C'est convenu avec M. Arthur,
ARTHUR
Oui, après le départ du baron.
DUPONT
Voir mon frère.'... Ah!... c'est bien, mes enfaus, c'est très bienl...
EMMA
Mon oncle et ma tante seront si heureux de notre arrivée !... Aussi, chaque jour j'attends leur réponse... et, justement, Louis doit être revenu avec les lettres... je vais voir...
(Elle remonte la scène pour sortir.) DUPONT.
Eh bien ! va, chère enfant.