‹ "L'oncle de l'Europe" devant l'objectif caricaturalChapitre 12 sur 121 · LA QUESTION DU JOUR · texte numérisé non relu

LA QUESTION DU JOUR

— M. Chamberlain vient de me proposer cette réussite Je ne suis

pas capable de m'en sortir !

Caricature de Lourdey {Le Petit Bleu, de Paris, 1899)-

bruyants, quitte ceux-ci, sans hésiter, chaque fois que le pays a besoin de lui, et sait, rester le premier sujet de la reine .pour mieux donner l'exemple du vrai loyalisme. En cela, il a été fidèle

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à la maxime inscrite dans ses armes : Ich diene; je sers. On pourra dire de lui qu'il n'a pas été un modèle de sobriété et de continence., mais on ne dira pas qu'il s'est dérobé une seule fois devant l'appel de la moindre fraction de la nation, lorsque celle-ci a eu recours à son patronage ou à son appui, et Gladstone n'a fait que lui rendre justice, lorsque fermant avec indulgence les yeux sur ses fautes, il a proclamé que le prince avait rendu de réels services à son pays. »

Voilà ce qu'il faut dire et répéter sur tous les tons, afin de corriger ce que la caricature pourrait paraître présenter d'excessif dans ses images d'actualité. Et si jamais l'idée était venue au prince de Galles de modifier l'historique: ich diene, c'est en réalité : bien s'amuser et bien faire qu'il lui eut fallu prendre pour devise personnelle.

« L'Angleterre », disait le dessinateur Tiret-Bognet, en une

amusante petite vignette de la Revue Encyclopédique, « compte que Monseigneur sera sage à cinquante ans. » C'était beaucoup lui demander et l'on sait qu'il n'accéda à ce désir que bien imparfaitement. Mais ce que l'on sait aussi, c'est que du jour où Monseigneur se transforma en Majesté, la sagesse se montra grande en lui, c'est-à-dire que, d'emblée, il devait apparaître monarque soucieux de la paix du monde et de la grandeur de son pays.

Libre manifestation d'un pays libre, la Caricature anglaise n'entendit nullement faire le silence absolu sur lea

. — Le prince de Galles vient de prendre une décision héroïque : il va suivre ses soldats... sur la carte.

Caricature de Gil Baër {Le Supplémerti, novembre 1899).

escapades du prince. Lors de l'affaire Cunningham, qui arma si facilement les crayons européens, les caricaturistes londoniens firent, ejLX aussi, entendre leur voix, tenant sans doute, à s'inscrire en faux contre l'accusation d'hypocrisie, si souvent formulée à l'adresse de la société anglaise. Entre les diverses images qui parurent, à ce propos, j'ai choisi celle du Moonshine, plus particulièrement typique, parce qu'elle dit tout sans rien laisser voir, parce que, sans toucher de façon violente à l'héritier du trône, elle lui laisse à entendre qu'il pourrait se trouver en plus mauvaise société, que devant des juges; façon humoristique de lui dire qu'on n'ignore rien de sa conduite, et, en réalité, satire quelque peu amère.

Mais, même dans les choses sérieuses de la politique, une pointe de rire et de gaieté se mêle toujours aux images anglaises

— Voyons un peu de près ces fameux pliquée. Comme sous le crayon

(Le Swpplémcnt, Avril 19C0). sent pittoresques et réalisti-

— Le prince de Galles ne peut plus y tenir.

quand elles ont le prince de Galles en vue. Tels les croquis du Punch, sortes de feuilles de notes jetées au vent, en cette même année 1891 qui vit et le procès Cun* ningham et la vkite de l'Empereur Guillaume, au château de Windsor. Combien facilement, avec lui, l'on saute et^i l'on danse ; combien avec lufc l'étiquette, l'étiquette pompeuse d'une Cour livrée à toutes les exigences d'une femme âgée, devient, en quelque sorte, simple et peu corn-

Boërs! dit-il. Et il part... pour Paris visiter le pavillon du Transvaal à l'Exposition.

humoristique de master Punch, ces fêtes solennelles apparais-

quement bourgeoises ! C'est que le prince de Galles n'est pas seulement l'arbitre de toutes les élégances mondaines et de tous les plaisirs ; c'est qu'à tous ses actes se mêle on ne sait quel élément très particulier de bon garçonnisme ; c'est qu'il est surtout hanté du désir de rompre avec les préjugés d'un autre âge, de façonner la Cour de Sa mère et la société anglaise, dans son ensemble, aux goûts, aux idées modernes.

Tandis que master Punch et, avec lui, tous les caricaturistes anglais se contentent, donc, pour ainsi dire, d'annoter au jour le jour, les faits et gestes du prince dans le domaine de la politique, — voyages en Irlande, à Berlin et ailleurs (1), — les crayons étrangers auront pour thème perpétuel les dettes colossales de

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