DODO » A PARIS
— Autrefois c'était le monde de la galanterie qui me faisait fête ; aujourd'hui, de même façon, c'est le monde politique.
— Que voulez-vous ? Majesté, chaque chose a sa croix.
Caricature de Golia (Pasquino, de Turin, 11 mars 1906).
lui, offrant les meilleures garanties : celle de Loubet et celle d'Humbert, — tel quelque vieux juif. Cette façon de transformer la politique en tractations commerciales est assez fréquente chez les dessinateurs allemands et autrichiens : déjà, dans Lui, on a pu voir des images de cette espèce (1).
Il y a mieux. L'antipathie de l'Allemagne pour Edouard va jusqu'à prêter à VOncle des pensées haineuses, des intentions
(1) Voir page 239 une caricature de Der Floh (Affaires politiques) représentant VOncle et Lui, en wagon, causant affaires, tels deux commis voyageurs en... politique.
blessantes vis à vis de la « Germania » et de son souverain, — intentions qu'il n'eut certes, jamais. Si l'on en croyait le Kladderadatsch, si l'on s'en rapportait au Ulk, Edouard foulerait aux pieds les invitations de l'Angleterre, Edouard expédierait tout droit au Laboratoire municipal, pour être ouvertes avec mille précautions, les caisses de cadeaux qui lui sont envoyées de Londres. Et que dire de cette vignette — suggestive, oh ! combien! — du Simplicissimus, qui représente Edouard prenant les cerises que lui offre galamment « Germania », les mangeant, puis, d'un jet, en lançant les noyaux au visage de la noble dame !
Déjà, prince de Galles, V Oncle de l'Europe était pour son neveu d'Allemagne le mauvais oncle. Roi, il l'est toujours et le restera quand même. Les Lustige Blâtter le représentent, cependant, embrassant avec effusion, le buste de Guillaume. En l'honneur de quel saint, direz- vous ! Tout simplement parce que c'est une bonne farce destinée à prendre place dans un numéro de journal consacré aux souhaits de 1er Avril.
Caricatures violentes, haineuses, faut-il le répéter, qui dépassent la mesure, qui même, en réalité, ne donnent pas la note exacte du sentiment allemand. Chauvinisme, anglophobie germanique, aussi ridicules, aussi exagérés que le chauvinisme, que Y anglophobie française.
D'autres planches sont là, heureusement, qui traduisent bien mieux les craintes et les sensations réelles de la nation germanique ; simples portraits-charge si l'on veut, mais quels portraits ! incarnant en eux toute l'idée qu'on se fait de la puissance, de la force du colosse britannique. Comme sur les portraits dont je parlais, tout à l'heure, la tête est petite, mais quel ventre, quelle proéminence, quelle situation assise ! Ce n'est, certes pas, un colosse aux pieds d'argile celui qui, nouveau colosse de Rhodes, va de Tanger à Algésiras, possédant pour point d'appui Gibraltar.
Edouard- John Bull fumant sa classique et nationale petite bouffarde, avec le calme d'un homme qui se sait fort et qui se
" l'oNCEE DE E'ETTROPE" " DEVANT EA CARTOATTTTl'R 75