AU BAL D ALGESIRAS
Marianne. — Tu n'es pas beau, mon cher John, mais tu fais enrager le Caporal épouvantai!. C'est pour cela que je t'aime.
Caricature de Golia (Pasquino, de Turin, 25 février 1900).
" L'ONCLE DE L'ETJEOFE " ET SES PARTICULARITÉS
mant ainsi, je n'entends pas parler de conquêtes de territoires, par l'Angleterre ou l'Allemagne, mais bien de suprématie morale et effective s'exerçant par l'influence, par la langue, par le commerce, par l'activité vitale ; amenant, plus ou moins, les autres Etats à devenir tributaires de l'une ou l'autre de ces deux puissances dont l'expansion est déjà si considérable.
Edouard ou Guillaume?
L'Oncle ou Lui?
Le premier s'appuyant sur la France; — le second ayant dans l'Autriche sa plus fidèle alliée.
Et qui sait si, au moment décisif, l'on ne verra pas intervenir dans les affaires de l'Europe, les exotiques, les asiatiques ; ceux que, hier encore, l'on appelait avec mépris les barbares, uniquement parce que pas chrétiens.
Edouard.
NOTRE « HÉLIGOLAND ». ' ■• L J
* Tout récemment, lors d'un exercice de tir à Héligoland, une partie de la falaise s'est écroulée dans la mer.
Les Journaux
Eh bien ! mon neveu, tire donc un coup !
{Jugend, de Munich, février 1906).
Or, si en pareille circonstance, YOncle de V Europe, — faudrait-il l'appeler bon ou mauvais oncle? — se trouverait forcément avoir dans son jeu l'atout japonais, son neveu, Lui, aurait, très certainement, l'appui de ses fidèles alliés, les Turcs.
Et voici comment de simples images qui synthétisent si facilement les choses m'amènent à soulever de graves problèmes et font surgir devant nous ces deux alternatives :
L'Oncle ou le Neveu?
Edouard VII embrassant le busle de son neveu, à Sera-ce Lui\ Sera-ce
l'occasion du 1er Avril, et il l'étreint comme porte la EdoUOrd%
légende : « par pur amour désintéressé. »
{Lustige Bldlter, de Berlin, avril iqoô). ^n CeS deUX Per'
sonnalités réside tout notre avenir. C'est pourquoi, après Lui, il importait d'esquisser la physionomie de YOncle de V Europe, non seulement au point de vue monarchique, mais encore au point de vue politique, industriel, commercial, vital pour tout dire.
Et le jour n'est peut-être pas éloigné où l'Europe après avoir été nettement et férocement anglophobe deviendra anglophile uniquement parce que, suivant l'idée que développe le Pasquino, de Turin, YOncle se charge de faire enrager Lui, le « caporal épouvantail », aussi redouté de ses amis que de ses ennemis —
" L'ONCLE DE l'EUEOPE " ET SES PARTICULARITÉS 123
uniquement parce que l'Oncle apparaît comme un homme pondéré, de raisonnement réfléchi et de sage conseil, tandis que Lui, malgré ses brillantes qualités, malgré ses élans généreux se montre sujet à des emballements, à de3 brusqueries qui inquiètent même ses partisans les plus convaincus, et qui, malgré lui, contre son désir, contre ses propres intérêts, pourraient quelque jour l'entraîner à des actes regrettâmes pour la paix universelle.
Et tout cela, que chacun à notre époque peut voir apprécier et redouter, la Caricature mieux que tout autre se charge do le mettre en relief à l'aide du crayon.
Grâce à ces images, il ne sera plus permis à personne de so méprendre sur la véritable physionomie de ces deux conducteurs de peuples, frères et rivaux : Lui, L'Oncle !
VOYAGES PRINCIEnS A ROME.
(Nebelsfalter de Zurich, 2 mai 1903).
PEESPECTIVE POLITIQUE DE l' AVENIR PROCHAIN.
(Kikeriki, de Vienne, 5 avril 1906).
" L'Oncle de l'Europe " ; la Carte postale et la Réclame illustrée
cartes Postales humoristiques et cartes postales satiriques. — => cake-walk et autrès danses. — un maitre artiste î orens. — edouard " high-ldje " et édouard f< king of havana cigars ".
Je n'ai pas l'intention, à propos et au sujet d'Edouard VII, de revenir à nouveau sur la carte postale, d'étudier son importance, son intérêt, son rôle ; toutes choses déjà traitées par moi dans des publications consacrées à la littérature carte postalière, toutes choses déjà dites par nombre d'écrivains (1).
Instrument de vulgarisation et de propagande, la carte postale bien plus encore que le journal, traduit les engouements et les emballements populaires, servant les passions et les haines avec
(1) Voir notamment une chronique de Jules Claretie dans le Figaro de 1903.
d'autant plus de facilité qu'elle peut être considérée comme une feuille volante de format restreint, lancée au jour le jour pour célébrer tel ou tel fait. Et c'est pourquoi elle se complait de toute particulière façon dans les voyages de chefs d'états, dans les cérémonies et réceptions officielles.
Aux uns, elle fournit simplement le portrait de l'homme du jour, l'illustration photographique et banale de l'événement ;
aux autres, elle donne des séries d'images caricaturales , humoristiques ou accrbements satyriques.
Même mal fait, mal conçu, le journal n'en constitue pas moins un tout, un ensemble ayant demandé un certain temps de fabrication, un effort de groupement. La carte postale est comme la flèche qui part dans toutes les directions et qu'on lance à travers l'espace. Elle va, vient, circule et pénètre en pleine cible, soit qu'elle se contente de figurer à la devanture des ! papeteries et autres boutiques, soit qu'elle voyage et suive sa destination. Si bien que violente, haineuse, profi- — Edouard vn dansant lo cake-walk, tant de toutes les publipar Ego. cités, colportant partout
Carte postale de la série : où faire Se peut, les in-
Çomment ils le dansent représentant, ainsi, tous . . . „
les souverains. Jures graphiques, elle est en
LA CARTE .POSTALE ET LA RÉCLAME ILLUSTRÉE