PORTRAITS-CHARGE D'ÉDOUARD VII FAISANT PARTIE DE DIVERSES
séries de cartes postales de Moloch, Orens, Moriss.
l'oncle de l'ettrope
réalité, plus redoutable que le journal et, plus que lui, nécessite la surveillance des autorités.
Car la liberté de la caricature et du portrait-charge ne saurait être, en aucun cas, la liberté de l'insulte, alors que les cartes postales dont il s'agit, sont justement destinées à célébrer, à populariser la venue et le séjour d'un chef d'Etat — monarque ou président de république.
Edouard fut-il plus ou moins carte- postalisé que Guillaume ? L'Oncle de l'Europe a-t-il fourni matière à plus de flèches postales empoisonnées que Lui ? A vrai dire, au point de vue français, Edouard a eu le fameux voyage que Lui attend toujours et qui, le jour où il se produira, suscitera certainement, une bordée d'insultes graphiques. Mais la part d'Edouard dans le domaine cartepostalier paraît être, de toute façon, plus considérable.
Que visent ces images , que disentelles? Les cartes postales ici reproduites et les quelques descriptions qui vont en être données, suffiront amplement à renseigner sur leur tendance caractéristique et sur leur portée générale.
Voici les portraits-charge représentant plus ou moins invariablement, un roi gros et ventru, le fameux cigare à bague et une coupe de Champagne en main, à moins qu'il ne monte les marches du trône — c'est la caricature de Moloch— ou qu'il ne soit en effigie de timbre poste, nouveau modèle, des têtes de mort enserrant le cadre du médaillon. A moins encore — ceci dans la collection des pois-
— Fragment d'une carte postale de Moriss SOUS Satiriques- q\l lin apparaisse (édition de la Chanson de France, 1903).
13(3 L'ONCLE DE L*EtîîlOPË
— Carte postale de Ogé publiée lors du voyage à Paris (1903).
(D'après l'original en couleurs)
en poisson de la Tamise. Dans la série : Looping the Loop ; dans la série : Les Effigies, V Europe en armes que signe Orens ; dans la série d'Espinasse : Insectes couronnés; dans la série de Ferco, Petits cadeaux ; dans la série : Comment ils le dansent (le cake-walk) — très amusantes images que fait, avec beaucoup d'entrain sauter Ego, — il a, tout naturellement, sa place aux côtés de ses confrères en royauté.
Voici — et pour la venue d'Edouard à Paris, et pour le voyage de Loubet à Londres, — des caricatures qui furent de véritables trouvailles, ou plutôt des sortes d'instantanés sati* riqu es,penlevés avec un entrain, avec un brio tels qu'on ne peu
LA CARTE POSTALE ET LA RÉCLAME ILLUSTRÉE
LA CARIE POSTALE ET î A RÉCLAME ILLUSTRÉE
s'empêcher de rire aux éclats devant ces personnages, Edouard et Loubet, Delcassé et Chamberlain,— tous dansant et sautillant avec un si réel entrain qu'on a l'impression très nette, très vivante, de ces pantins animés qu'une ficelle et un fil de fer suffisent à mettre en mouvement.
Cela est signé : Rostro,