‹ L'oncle Million: comédie en cinq actes et en versChapitre 11 sur 122 · ACTE 1, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE V

POPIN

C'est valide...

J'étais, ma foi, perché sur le Parnasse encor!...

Changeant de ton.

Très-d* aplomb, le terrain ! le père est cousu d'or!

Je lui sais, en biens fonds, vingt mille francs de rente,

Mais, avec son négoce, il arrive à quarante.

ÇAODBIER, rêveur.

Avez-vous remarqué les jolis yeux qu elle a?...

Sa taille !

GAUDRIER.

Ses cheveux !

POPIN, lui touchant la poitrine.

Eh ! ça se trouble là !

GAUDRIER, avec sentiment.

Que voulez-vous?... la grâce a toujours son empire!...

POPIN, souriant.

C'est à bon escient que votre cœur soupire!

GAUDRIER, se parlant à lui-même.

Quant au frère, on le tient.

POPIN

Vous l'avez pris, parbleu !

En Ûiilant sa marotte et souillant sur son feu!...

GAUDRIER, avec suffisance.

Je le crois; maintenant, reste à gagner le père.

POPIN, haussant les épaules.

Avec de la conduite, — une étude prospère. . .

GAUDRIER, vivement.

Dont je dois tout au plus la moitié.

POPIN, avec admiration.

C*estchaiinant!

Changeant de ton.

Alice Dufemay, — j*y songe en ce moment, —

Gaudrier regarde Popin si^ns avoir rair de comprendre.

li L'OMGLË MILLION.

Comment la trouvez-vous, l'amoureuse du frère?...

GAUDRIER.

Je ne la trouve pas. Ce n'est point mon affaire.

POPIN

On peut pourtant. . .

GAUDRIER.

Mon cher, on ne peut pas du tout Éparpiller ses yeux et gaspiller son goût !... Pour admirer sans but, ai-je mille ans à vivTe?...

POPIiN.

Très-juste, et c'est tenir la route qu'il faut suivre!

In '•i:? tant.

Eh bien, malgré cela, je crois fâcheux pour vous Qu'Alice, dès Tenfance, ait fait choix d'un époux! La mère, si l'on veut, n'a qu'une aisance honnête. Six mille francs de rente...

GAUDRIER, cpoussctant sa manche avec une chiquenaude.

Assez pour un poëte !

POPIK, souriant.

Mais — comme supplément — mon cher tabellion, ' L'oncle, dont on héiite, a près d'un million.

GAUDRIER, dressant l'oreille.

Diable!

POPIN

Voilà de quoi toucher les cœurs sensibles !

GAUDRIER, avec colère.

On a tovt de parler des choses impossibles !

POPIN, allant à lui.

Allons, mon bon ami, donnez^moi votre main!

GAUDRIER^ perdu dans les rôverics.

Un million!.*.

Se réveillant tout ù coup.

Morbleu ! passons notre chemin !

Je me suis arrangé^ d'ailleurs, pour aimer l'autre!...

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