LÉON, ALICE
LÉOX, entraînant Alico par la main.
De grâce, échappons-nous! sauvons-nous, chère Alice!...
Souriant. Avec ennui.
Une minute ou deux.!... Ce bal est un supplice! Et Dieu ne m'a point fait d'assez forte santé Pour digérer le monde et la société...
ALICE
Bon! vous voilà parti, selon votre coutume.
liON.
Et pourquoi pas, mon ange?... On peut bien, je présume, Rêver, dès cette vie, un plus ftpre régal
Que de voir onduler, sous le lustre d'un bal, Aux pieds des bons bourgeois et des propriétaires, Tout un champ d'avocats émaillé de notaires.
-ALICE
Bravo! Continuez!...
LÉON
Je dois cette douceur Au grand désir qu*on a de marier ma sœur; Mais je comprends fort peu, — du moins à mon usage, — Ce besoin de bondir avant le mariage ! . . .
ALICE, d'un ton de reproche.
Léon !
LÉON, montrant Téclairage du salon.
Regardez-moi ces honnêtes quinquets :
Ils ont dormi vingt ans à Tabri des caquets, Conservés sous la gaze, ainsi que des idoles. . . Les voilà brusquement tournés en girandoles ; Et leurs vieux compagnons, les fauteuils de velours, S'éveillant en sursaut sur leurs quatre pieds lourds. Se demandent entre eux par quelle erreur commise On a, pendant leur somme, enlevé leur chemise.
ALICE, gravement.
Vous êtes bien puni !
LÉON, surpris.
Moi?...
ALICE, étouffant de rire.
Je ne rirai pas!
LÉON, la regardant.
Ah!... vous riez!
ALICE, confuse.
Méchant!...
LÉON
Je voudrais de ce pas Vous emporter bien loin; j*ai mon plan dans la tête :