ACTE m, SCÈNE II
Relevanl du geste Léon, qui kéâite.
Debout I je me réveille enGn, debout, vous dis-je !
Montrant la maison.
Ce n'est plus par ici...
Montrant le chemin de sortie.
Cest par là !.. . je Texige !
Oh ! si vous oubliez, je dois me souvenir; Debout, debout, poëte, et l'œil vers l'avenir !... Pour tomber sans espoir sous l'arbre de la route, Le sang de votre cœur a-t-il fui goutte à goutte? Connaissez- vous le pids de la lutte sans fin? Avcz-vous eu la soif? avez-vous eu la faim?
Le mépris? la pitié? l'insulte? l'ironie?...
Mon Dieu, c'est ici-bas la rançon du génie!
Le vôtre a cet honneur d'être persécuté. ..
J'y croirais aujourd'hui, si j'en avais douté... Mais ce serait vraiment une honte, à votre âge, De nier le soleil dès le premier nuage, Et de plier la voile, à l'heure du départ, Pour un de ces liens qu'on accuse plus tard... Or je ne me sens point de nature assez forte Pour porter ce fardeau de l'espérance morte, Et garder jusqu'au bout, dans mon âme enfermé, Le remords éternel de vous avoir aimé!
LÉON
Alice ! . . . ai-je entendu ?* , .
ALICE
C'ost la parole franche Du naufragé debout sur sa dernière planche, Et vous pouvez, je crois, passer cette rigueur A qui vous aime assez pour oublier sou cœur I
LÉON
Vous ne savez donc pas que <îotlc gloire hiBuaine,
Sans \ous, sans vos regards, n'a plus rien qui in*enchaine,
Et que si j'ai rêvé des triomphes un jour,
Ce n'était pas pour moi, c'était pour notre amour?
ALICE
Je sais cela, Léon ; mais je prévois encore
L'amour cédant sa place à l'ennui qui dévore,
Et les regrets tardifs quand, par les soire d'hiver,
Le passé nous regarde, avec un rire amer,
En nous montrant du doigt, morne, pâle, effacée, .
La puissante jeunesse en amour dépensée.
Et l'ombre de Foubli tombant sur notre nom !
LÉON
Jamais !
ALICE
Je sais cela, ne me dites pas non...
Dans cette solitude où le destin m'enferme, Je vous suivrai... de loin... d'un regard toujours ferme. Et, quand vous marcherez par des chemins plus doux, Léon, pensez à moi, j'aurai prié pour vous !
Bruit de sonnette au fond.
Quelqu'un...
Avec terreur.
Partez ! . . .
LÉON, suppliunt.
Hais l'autre... Alice, sur votre âme!...
ALICE, d'une voix faible, les yeux au ciel.
Ne suis-je pas... là-haut... devant Dieu... votre femme?
LÉON, rélreignant dans ses bras.
Ciel!...
ALICE } se dégageant avec effroi.
Monsieur !...
LÉON, stupéfait.
Ce doux mot. . . qui vient de retentir. . .