SCÈNE III
ALICE, ETIENNE DUFERNAY.
ETIENNE, à Alice; il arrive par le fond.
Te voilà seule ! On eût dit de la porte Qu'on entendait deux voix, ou le diable m'emporte ! . . .
ALICE, timide et baissant la tôte.
Personne...
J'ai rêvé sans doute!
Gaiement.
Embrasse-moi.
ALICi-*, l'embrassant.
Mon onde !
ETIENNE
Ha mignonne 1
La regardant.
Eh ! nous pleurons, je crois?. . .
ALICE, lui jetant ses bras autour du cou.
Quelqu'un était ici. . .
ETIENNE, vivement.
Tout à l'heure?
Frappant ses mains.
A merveilles!..
J*aurai toiqmirs sauvé l'honneur de mes oreilles ! . . .
Changeant de ton.
Quelqu'un, dis-tu?
ALICE, hésiUDt.
Quelqu'un que je n'attendais pas. liéon...
ETIENNE, surpris.
Léon!...
Cherchant autour de lui.
Par où?...
Regardant en l'air.
Sur les branches?
ALICE, monlrant le fond de la scène.
Là-bas; Le petit mur. . . Qae sais-je?. . . Il est paiti ! . . .
ETIENNE, regardant à gauche.
Ta mère!...
Quelle imprudence !
V ALICE
Hélas! sa vie est bieu amère.
Il serait mort peut-être en son isolement.
ETIENNE, haussant les épaules.
Ces poètes... ça meurt... continudiement.
ALICE, sanglotant.
Pour lui, je ne sais pas; mais pour moi, j'en suis sûre.
ETIENNE
Àh ça, tu me parais Taimer outre mesure :
Prends-y garde, vois^tu^ c'est un charmant garçon; Mais, s'il t'adorait, lui) de la même façon, Il ne resterait pas^ dans les crises présentes^ A paîlre son troupeau de rimes suffisantes) Et tu verrais demain le cheval immortel L'emporter au galop du Parnasse à Tautel !