ACTE IV, SCÈNE III. il
POPIN, ave€ un geste désespéré.
Oh! je voîsbieii!...
MADAME DUFERNAY.
J*avoue, en toifte conscience, Que je pouvais m'attendFC à moins de méfiance, Et qu'on eût dû peut-être en cette occasion...
POPIN, vivement.
Madame, a-t-on le temps de la réflexion?
Puis il voulait partir (vous savez... un malade), Dans la peur d'un contre-ordre ou d'une reculade; Car c'est comme un besoin pour ces faibles cerveaux De se ruer sans cesse aux remèdes nouveaux! . . .
MADAME DDFERNAY, avec amertume.
On désespère au fond! .. .
POPIN
Mon Dieu, c'est beaucoup dire, Par la force du sang, la jeunesse s'en tire... On en a vu parfois revenir de plus loin !
MADAME DUFEnNAY, à part, avec agitation, sur le devant de ia
scône.
J'ai lutté jusqu'au bout, et le ciel m'est témoin Qu'entre les cris de l'oncle et les pleurs de la fille J'ai passé calme et droite en mère de famille;
Avec abattement.
Je me courbe aujourd'hui devant la main de Dieu...
Après une pause.
Dût le malade enfin se relever un peu!...
Hélas! veuve à tœnte ans, j'ai connu la souffrance De ces longs jours mêlés de .doute et d'espérance, Jusqu'à ce grand eflVoi qui s'empare de nous, Lorsque la place est vide où s'asseyait l'époux ; C'est coniir des hasards dont la raison murmure.
il4 L'ONCLE MILLION.
POPIN, à part.
Je crois décidément que notre poire est mûre^
MADAME BUFERNAY, haut.
Vous êtes son ami, monsieur, comme le mien...
POPIW.
Certes, n'en doutez pas, c*est mon orgueil!,,.
MADAME DDFERNAY, hésitant.
Eh bien...
Vous devez désirer, du moins je le suppose, Le bonheur des époux, avant toute autre chose.. .
POPIN, avec feu.
Le bonheur des époux, c'est le but de nos cœurè. ..
MADAME DUFERMAY, lentement.
Ces complications nouvelles, ceslangueui's..,
POPlN, conâterné.
C'est vrai !
Se reprenant.
Mais il est jeune!
MADAME DUFERNAY.
11 peut traîner!... letude, La clientèle... enfin... c'est une inquiétude...
POPIN, découragé.
Sans doute!...
Se reprenant.
Hais on a des clercs intelligents.
MADAME DCFERNAY, avec gravité.
L'œil du maître avant tout pour les travaux urgents! Or il n'a vraiment pas une grande fortune. . .
Vivement.
Bien que jamais, monsieur, cette idée importune N'ait troublé mon esprit dans cette affaire-là î...