‹ L'oncle Million: comédie en cinq actes et en versChapitre 84 sur 122 · ACTE IV, SCÈNE III. 1i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III. 1i

POPIK.

Vous voyez de trop haut les choses pour cela !

MADAME DUFERNAT.

J'avais le droit alors de penser de la sorte; Hai^ depuis quelques jours la différence est forte, Et les positions, vous devez le savoir.

Peuvent changer beaucoup la manière de voir!

POPIN

Gomment?...

MADAME DDFEBNAY.

Nul mieux que lui n'obtiendrait mon suffrage, S'il avait la santé, comme il a le courage; Hais à quoi bon chercher des détours superflus? Ha fille ne serait qu'un embarras de plus. .

POPIN, l'interrompant.

Hon Dieu, j'ignore tout; dites-moi, je vous prie...

MADAME DUFERNAY.

Alice a bien perdu : son oncle se marie.

POPIN, bondissant.

Son onde!

MADAME DUFERNAY, avec amertume.

N'allez pas supposer un moment Que j'invente le fait pour mon amusement!

POPIN

Une histoire à noter dans les extravagances.

MADAME DUFERNAY.

Et voyez-vous d'ici toutes les conséquences ?

POPIN, d'un ton dégagé.

L'épouse a moins d'argent, voilà tout le secret !

MADAME DUFERNAY.

Beaucoup moins!... et dès lors, dans son propre intérêt, Ou le conçoit d'ailleurs, ce jeune homme...

il6 L'ONGLE MILLION

POPIfly se récriant.

Oh! madame!

Pensez-Tousque?... D'honneur! je connais trop son âme Pour...

HADAUE. DUFERNAY.

Je le sais, monsieur, je n'en ai pas douté... Il porte en lui d'abord un air de loyauté. . . Aussi . . . j*ai grand besoin . . . dans cetle crise amère , De saisir à deux mains mon courage de mère! . . .

POPIN

Hais... madame!...

MADAME DUFERKAY.

Et d'avoir présentes à l'esprit Les obligations que mon rôle prescrit. -

POPIN

Du calme!...

UADAME DUFERNAY.

Pour garder la force de vous dire. . .

Qu'i mon regret extrême...

POPIN, comme craignant d'entendre.

Assez ! ... Je me retire. . .

MADAME DUFERNAY, le retenant du ge^le.

Vu son état précaire et l'apport limité

Qu'Alice peut ofliir à la communauté,

Pour de hautes raisons que chacun doit comprendre,

Je renonce au bonheur de l'appeler mon gendre !

POPIN, à part.

Enfin!...

Haut, avec désespoir.

Voilà de quoi le tuer sur le coup !

MADAME DDFERNAY, vivement.

Vous n'avez pas besoin de lui déclarer touf . . .

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