SCÈNE V
MAMME DUFERNAY, ALICE.
ALICE, accourant.
Mère?
MADAME DUFERNAY, lui indiquant un siège.
Un moment d'entrelien.
ALICE, à part, avec émotion.
Ce moment peut tenir toute ma destinée !
MADAME DUFERMAT, lentement.
J'avais vingt ans, Alice, et vous n'étiez pas née, Que j'ébauchais déjà, dans mon zèle empressé, Ces chemins sans épine où vous avez passé; Plus tard, quand votre père, emporté jeune encore, Laissa tomber sur moi ce fardeau qu'on ignore, Ce poids terrible et saint d'une âme à soutenir, Je sentis dans mon cœur ma mission venir !
Et de ce jour, Alice, oubliant tout au monde, Hors le dépôt sacré dont il faut qu'on réponde. J'ai veillé sur la route, et dirigé vos pas Jusqu'à ce vrai bonheur... dont vous ne voulez pas!
ALICE
Manière!...
SIADAUE DUFERNAY.
Ayant tout fait selon ma conscience.
J'attendais de ma fille un peu de confiance !,,,
ALICE
Je n'ai jamais douté de tes intentions!
MADAME PDFERNAY.
Si j'ai fermé l'oreille aux supplications, Si dans vos sentiments je vous ai poursuivie. C'est que j'allais au but rêvé toute ma vie, Sans vouloir m'arrêter à ce premier amour.
Que je croyais d'abord le caprice d'un jour ! J'abandonne aujourd'hui l'impossible problème De vous faire un bonheur en dépit de vous-même; Et je préfère encor la paix de ma maison A l'orgueil de vous vaincre et d'avoir eu raison... Vous êtes libre! ..