ACTE lY, SCftNE VIII. m
M. ROUSSET
Tout homme a son rôle icnbàs * J'ai fait mon personnage et j'a\ chanté ma gamme; Au lieu de m'agrandir, je me restreins, madame. Tant que j*ai cru, chez moi, trouver un successeur, D'accord ; mais aujourd'hui je n'ai plus que la sœur, Et je serais bien sol de prendre un mal extrême Pour le bonheur d'un fils que j'ai chassé moi-même.
MADÂ!A<E DUPERNAT, avoc éniolion.
Chassé !... Mais ce mol-Ià me fait ressouvenir
Que j*ai, sans le vouloir, troublé votre avenir,
Et par quelques propos, que je blâme à cette heure,
Fait de l'enfant jo^ eux un exilé qui pleure.
De façon que sur moi, qui ne suis pas sans torts,
Celte sévérité pèse comme un remords !
M. ROUSSET
Votre cœur est bien bon de s'en faire un reproche.
MADAME DUFERNAT.
Vous savez, on se pique, on se heurte, on s'acci*oche ;
Et parfois, dans la lutte, il arrive un moment
Où la sagesse même a son emportement...
La passion gi'ossit les plus petites choses...
Nais, plus tard, on s'étonne, en mesurant les causes,
De voir, quand la colère incline au repentir.
Des souris en ti-avail les montagrics sortir !
M. ROUSSET, cherchant à comprendre.
Plaît-il?
MADAME DUFERNAT.
J'eus tort, vraiment, de noter oomme un crime Cette démangeaison qui le pousse à la rime.
L'esprit le plus solide a ses petits travers. On peut sauver son âme et composer des vci's.
iSO L*ONGLE MILLFON.
M. ROUSSET, avec feu.
Non« madame.
VADAll» DUFERNAY.
Écoutez.